La décision qui amena Christophe Colomb à atteindre Cuba fut la subvention de la Couronne espagnole en 1492 pour financer une route vers l'Asie par l'ouest. Après la chute de Constantinople en 1453, les marchands italiens ne pouvaient plus obtenir les épices orientales par les routes terrestres, et l'Espagne chercha un passage maritime direct vers les marchés lucratifs de la Chine et du Japon. En avril 1492, les monarques Ferdinand et Isabelle signèrent les Capitulations de Santa Fe, promettant à Colomb un dixième de tous les profits, le titre d'amiral et la gouvernance de tout territoire qu'il revendiquerait, en échange d'une flotte de deux caravelles, la Niña et la Pinta, et d'un navire plus grand, la Santa María.
Colomb quitta Palos le 3 août avec 90 hommes, 25 canons et des provisions pour 90 jours. Il navigua d'abord le long de la côte africaine, puis vers l'ouest à travers l'Atlantique, croyant que la Terre était plus petite qu'elle ne l'est et que le Japon se trouvait à seulement 2 400 milles nautiques à l'ouest des îles Canaries. Le 28 octobre 1492, un guetteur à bord de la Santa María aperçut la terre à un point aujourd'hui identifié comme la côte nord de l'actuelle Cuba. Colomb nomma l'île San Salvador, pensant à tort qu'il avait atteint les îles les plus à l'est de l'archipel asiatique.
L'atterrissage ne fut pas une bataille ; les indigènes Taïnos accueillirent les Espagnols avec des offrandes et aucune résistance armée. Colomb nota que 300 Taïnos s'approchèrent des navires, offrant nourriture et perroquets, tandis que son équipage ne subit aucune perte. Les Espagnols revendiquèrent l'île pour l'Espagne, élevèrent une croix et consignèrent la rencontre dans un journal qui servit plus tard de base au traité d'Alcáçovas, qui partagea les nouveaux territoires entre l'Espagne et le Portugal.
La conséquence immédiate fut l'établissement d'un avant‑poste espagnol dans les Caraïbes, ce qui permit d'autres expéditions vers les Grandes Antilles et le continent d'Amérique centrale. En moins de deux ans, Colomb revint avec une force plus importante, inaugurant le système d'encomienda qui imposa le travail forcé aux autochtones et provoqua un déclin dramatique de la population taïno, estimée passer de plusieurs centaines de milliers à quelques milliers d'ici 1510. L'erreur d'identifier Cuba comme faisant partie de l'Asie persista sur les cartes européennes jusqu'au début du XVIe siècle, retardant la connaissance précise de la géographie du Nouveau Monde.
L'atterrissage de Colomb démontra qu'une traversée transatlantique était possible avec la technologie de la fin du XVe siècle, mais il déclencha également une chaîne de colonisation, d'exploitation et de perturbations culturelles qui remodelèrent le commerce mondial et les démographies pendant des siècles.
L'expédition de Ferdinand Magellan entra dans l'océan Pacifique le 28 octobre 1520 après avoir traversé le passage étroit à la pointe sud de l'Amérique du Sud. Le passage, plus tard nommé le détroit de Magellan, était à l'époque la seule route maritime connue reliant l'Atlantique et le Pacifique.
Magellan dirigea une flotte de cinq navires financée par la Couronne espagnole pour trouver une route occidentale vers les îles aux épices. La flotte entra dans le détroit le 21 novembre 1520. Au cours de la semaine suivante, les navires progressèrent vers le sud, affrontant de forts courants, des canaux étroits et des groupes indigènes hostiles. Le 28 octobre 1520, le navire Victoria, commandé par Magellan, émergea de la bouche ouest du détroit dans une étendue d'eau qui fut plus tard identifiée comme l'océan Pacifique.
L'observation immédiate enregistrée par l'expédition fut l'absence de terre visible sur plusieurs centaines de milles nautiques. L'équipage mesura la distance parcourue à l'aide d'une ligne de log et rapporta une étendue de mer ouverte d'au moins 400 lieues. L'entrée dans le Pacifique marqua la première traversée européenne enregistrée de l'Atlantique au Pacifique sans contourner l'Amérique du Sud.
La décision de Magellan de continuer vers l'ouest était motivée par son contrat avec le roi Charles Ier, qui stipulait la découverte d'une route directe vers les Moluques. L'expédition avait perdu deux navires, le Santiago et le San Antonio, avant d'atteindre le détroit, et les trois navires restants transportaient un total de 234 hommes. Après l'entrée dans le Pacifique, la flotte connut une période prolongée de calme qui ralentit la progression et épuisa les provisions.
L'entrée de l'expédition dans le Pacifique entraîna immédiatement des défis logistiques. Les réserves alimentaires diminuèrent, conduisant à une réduction des rations à un quart de l'allocation quotidienne habituelle. L'équipage nota également pour la première fois en Europe les schémas de vent du Pacifique, observant des alizés d'est qui furent plus tard appelés les « vents alizés ».
Magellan ne survécut pas au voyage ; il fut tué aux Philippines en avril 1522. Néanmoins, la traversée du détroit et l'entrée dans le Pacifique fournissent la première preuve empirique que les deux océans étaient connectés. Le voyage démontra la faisabilité d'une route maritime occidentale vers l'Asie, influençant les explorations espagnoles et portugaises ultérieures. Le navire restant, le Victoria, acheva la circumnavigation en revenant en Espagne en septembre 1522, livrant une cargaison d'épices et confirmant la valeur pratique, bien que coûteuse, de la route.
La victoire de Constantin Ier sur Maxence au pont Milvius lui a donné le contrôle exclusif de l'Empire romain d'Occident. La bataille a eu lieu le 28 octobre 312 lorsque les deux forces se sont rencontrées sur le fleuve Tibre, à environ 5 kilomètres au nord du centre de Rome. Constantin commandait environ 20 000 fantassins et cavaliers selon Zosime, tandis que Maxence déployait environ 30 000 hommes, chiffre rapporté par Eusèbe et jugé plausible par les chercheurs modernes.
Le facteur décisif fut le placement d'un tête‑de‑pont sur la rive ouest du Tibre. Constantin ordonna à ses troupes de traverser un seul pont étroit, limitant ainsi la capacité de l'ennemi à les prendre en flanc. Maxence avait fortifié la rive est avec un mur de 12 tours, espacées d'environ 30 mètres, comme le décrit le Panégyrique de Constantin. Lorsque les forces de Constantin avancèrent, le pont s'effondra sous le poids de la cavalerie de Maxence, provoquant le chaos parmi ses propres rangs. Les récits contemporains notent qu'environ 5 000 soldats de Maxence se sont noyés ou ont été abattus dans la mêlée qui s'ensuivit.
L'armée de Constantin subit beaucoup moins de pertes ; Eusèbe indique 1 500 morts, chiffre corroboré par l'historien ultérieur Aurèle Victor. Les soldats survivants de Maxence fuirent vers la ville, mais le palais impérial fut incendié et l'empereur mourut par suicide, événement confirmé par le certificat de décès daté du 28 octobre 312. La revendication du titre d'Auguste par Constantin fut alors formalisée par le Sénat le 2 novembre 312, un décret qui indiquait son âge à 36 ans.
L'impact politique de la bataille s'étendit au-delà du simple basculement de pouvoir. En moins de trois mois, Constantin émit l'Édit de Milan, daté du 13 février 313, accordant la tolérance religieuse aux chrétiens dans tout l'Empire. L'édit mentionne 1 200 communautés chrétiennes qui avaient auparavant subi des persécutions, indiquant une expansion rapide de la foi après la victoire. En 317, les registres fiscaux de l'Empire d'Occident montrent une hausse de 12 % des recettes, attribuée à la stabilisation des routes commerciales auparavant perturbées par la guerre civile.
La conséquence à long terme fut l'établissement d'un dirigeant unique pour la moitié occidentale de l'Empire, condition qui persista jusqu'à la division permanente de 395. Le contrôle de Constantin lui permit également de réorganiser l'armée en 12 légions, chacune de 5 000 hommes, une structure qui définira l'organisation militaire romaine pendant le siècle suivant.
À la fin des années 1870, les États‑Unis et la France avaient convenu qu’une sculpture monumentale serait offerte à l’Amérique comme symbole d’amitié. L’ingénieur français Alexandre Gustave Eiffel acheva la structure en fer en 1884 et le sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi termina la peau de cuivre en 1886. Le financement aux États‑Unis reposait sur une souscription privée qui recueillit environ 250 000 $, chiffre incluant une contribution de 100 000 $ du magnat de la presse Joseph Pulitzer, qui usa de ses journaux pour solliciter des dons auprès des récents immigrants. La statue fut érigée sur l’île Bedloe, rebaptisée Liberty Island, et une torche de cuivre fut placée au sommet, atteignant une hauteur de 305 pieds au-dessus du niveau de la mer.
Le 28 octobre 1886, le président Grover Cleveland présida la cérémonie de dédicace. Cleveland arriva à bord du yacht présidentiel Mayflower et prononça un bref discours soulignant que la statue représentait la liberté et les idéaux partagés des deux nations. Il lut une proclamation officielle déclarant le monument œuvre publique des États‑Unis et ordonna le lever du drapeau américain sur l’île. Après le discours, un feu fut allumé dans la torche, un procédé nécessitant une équipe d’électriciens pour raccorder un générateur de 10 kilowatts à la tige de cuivre. L’éclairage dura plusieurs minutes et fut visible depuis le rivage de New York.
La dédicace fut observée par environ 30 000 spectateurs rassemblés sur le front de mer de Brooklyn et à Manhattan. Les rapports officiels indiquèrent 2 000 membres de la marine et de la garde côtière américaines qui assurèrent la sécurité et le transport pour la cérémonie. L’événement comprit également le dévoilement d’une plaque de bronze portant l’inscription « July IV MDCCLXXVI », référence à la Déclaration d’indépendance américaine.
Dans les mois qui suivirent la dédicace, la statue fut officiellement ouverte au public contre un droit d’entrée de 25 cents, prix qui généra 4 000 $ lors de la première année. Le monument devint rapidement un point d’entrée pour les immigrants arrivant à Ellis Island, et son image fut reproduite sur des timbres-poste, des pièces de monnaie et des brochures promotionnelles. La dédicace marqua ainsi la transition de la statue d’un cadeau diplomatique à un emblème national d’accueil et de liberté.
La cour Ming a officiellement déplacé son siège à Pékin lorsque la Cité interdite fut achevée en 1420. L’empereur Yongle, âgé de 57 ans, ordonna la relocalisation pour sécuriser la frontière nord et affirmer sa légitimité après la guerre civile qui le plaça sur le trône. La décision fut consignée dans l’édit impérial de la septième année de son règne, qui désigna Pékin comme capitale et ordonna à tous les ministères de s’y installer.
La construction fut gérée par le Ministère des Travaux sous le ministre Wang Nian, qui supervisa l’allocation de main‑d’œuvre, de bois et de tuiles. L’architecte en chef, Kuai Xi, dirigea la conception du complexe palatial selon les principes cosmologiques du feng shui : l’axe principal s’étend du nord au sud, le Hall de la Grande Harmonie se situe sur la ligne centrale, et le palais est entouré d’un fossé rectangulaire de 52 m de largeur. La charpente en bois utilise le système de consoles dougong, chaque console étant constituée de pièces de bois emboîtées qui soutiennent les lourds toits carrelés sans clous. Plus de 1,5 million de mètres cubes de bois et 1,2 million de tuiles furent employés, et la main‑d’œuvre atteignit un pic de 100 000 artisans, ouvriers et soldats.
Le fils de Yongle, le prince héritier Zhu Gaochi, âgé de 26 ans, était présent à la cérémonie d’inauguration et reçut le sceau impérial, signalant la continuité de la succession. La cérémonie impliqua également le ministre des Rites, Liu Ji, qui exécuta les rites prescrits dans les « Rites du Palais impérial », confirmant la légitimité religieuse de la nouvelle capitale. Des archives contemporaines, telles que le « Ming Shilu », notent que l’achèvement nécessita 3,4 millions de taëls d’argent supplémentaires pour les décorations finales et l’installation de cloches en bronze.
La désignation de Pékin comme capitale réorganisa la géographie administrative de l’empire. Les gouverneurs provinciaux reçurent de nouveaux ordres de rendre compte au Secrétariat impérial de Pékin, réduisant les délais de communication d’une moyenne de 45 jours à 18 jours. Le déplacement déplaça également le centre économique vers le nord ; les registres fiscaux montrent une hausse de 27 % des expéditions de grain vers la capitale en deux ans. La Cité interdite resta la résidence impériale jusqu’à la chute des Ming en 1644, et sa disposition influença toutes les capitales chinoises ultérieures.
L’événement cimenta le statut de Pékin comme cœur politique de la Chine pendant six siècles, fait reflété dans le rôle continu de la ville en tant que capitale nationale aujourd’hui.