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Politique et État

Henri de Navarre épouse Marguerite de Valois

France

Henri de Navarre épouse Marguerite de Valois — France
Image: Paul Landowski / Henri Bouchard · CC BY-SA 3.0

Le 18 août 1572, Paris baignait dans une atmosphère de fausse sérénité. L'air, lourd de la chaleur estivale et des effluves de fleurs de lys et de jasmin, portait les murmures d'une foule immense, venue assister à ce qui devait être la réconciliation du royaume. Devant Notre-Dame, un échafaud de bois s'élevait, somptueusement drapé de velours et de tapisseries, attendant les époux. C'était un spectacle conçu pour impressionner, pour rassurer, pour effacer des décennies de sang et de fureur religieuse. Les Parisiens, comme les milliers de nobles huguenots attirés par l'événement, ignoraient qu'ils étaient en train d'assister aux dernières heures d'une paix précaire, une paix qui n'avait jamais été qu'un mirage.

Ce jour-là, Henri de Navarre, jeune roi huguenot, épousait Marguerite de Valois, sœur du roi catholique Charles IX. Un mariage royal, oui, mais surtout une tentative audacieuse de Catherine de Médicis, la reine mère, pour suturer les plaies béantes des guerres de religion qui déchiraient la France depuis des années. L'idée était d'une simplicité désarmante : unir les familles par le sang, mêler les factions par l'amour, et ainsi, enfin, ramener la concorde. La cour de France, pour l'occasion, avait atteint une densité rarement égalée, avec des centaines de seigneurs protestants venus de toutes les provinces, confiant dans cette main tendue.

Le mariage lui-même fut une prouesse d'ingénierie diplomatique et liturgique. Henri, en bon huguenot, ne pouvait assister à la messe. Il fut donc conduit sur l'échafaud dressé devant la cathédrale, où il attendit que Marguerite, après la cérémonie à l'intérieur, le rejoigne pour l'échange des vœux et la bénédiction nuptiale. La foule, massée sur le parvis et dans les rues adjacentes, observait ce ballet inhabituel, ce compromis visuel qui se voulait l'incarnation de la tolérance. Le luxe était insolent : les robes de soie, les joyaux, les armoiries chatoyantes sous le soleil d'août. On aurait pu croire que la guerre, au moins pour un temps, avait été reléguée aux oubliettes de l'histoire.

Henri de Navarre épouse Marguerite de Valois — France
Image: Gustave Dore (1832-1886) · Public domain

L'atmosphère, cependant, était lourde de non-dits. Les factions politiques et religieuses n'avaient pas réellement déposé les armes, elles les avaient simplement camouflées sous les atours de la fête. Les Parisiens, en grande majorité catholiques intransigeants, voyaient d'un mauvais œil l'afflux de ces huguenots dans leur ville. Le pasteur protestant Jean de Serres nota l'« estrange et merveilleuse diversité » des opinions. C'était une cocotte-minute sur le point d'exploser, et la mèche était déjà allumée, à l'insu des mariés.

Quatre jours plus tard, la mascarade s'effondrait. L'attentat contre l'amiral de Coligny, figure de proue protestante et invité d'honneur, allait servir de détonateur. Ce qui avait commencé par une tentative de réconciliation se transforma en un massacre sans précédent, la Saint-Barthélemy, où des milliers de huguenots furent assassinés à Paris, puis dans d'autres villes de France. Le mariage d'Henri et Marguerite, conçu comme le symbole d'une ère nouvelle, était devenu son antithèse, l'ultime piège, le prélude sanglant à une violence qui allait marquer l'Europe pour des générations. La mariée aurait pu dire, sans ironie, que la fête était finie, bien avant d'avoir vraiment commencé.

Henri de Navarre épouse Marguerite de Valois — France
Image: Gravure de Frans Hogenberg ( Genève). · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/Huguenots

Exploration

La Colonie Perdue de Roanoke découverte déserte

Roanoke Colony, America

La Colonie Perdue de Roanoke découverte déserte — Roanoke Colony, America
Image: John White · Public domain

Le 18 août 1590. Le soleil d'été tape sur les ponts du *Hopewell* et du *Moonlight*, mais une ombre bien plus froide pèse sur le cœur de John White. Gouverneur de la colonie de Roanoke, il foule enfin la terre ferme après trois longues années d'absence. Trois années où, dit-on, la guerre entre l'Angleterre et l'Espagne – ah, la guerre, toujours elle, avec son sens du timing impeccable – l'a retenu loin des siens. Il s'attend à des embrassades, des cris de joie, le brouhaha familier d'une communauté naissante. Au lieu de cela, le silence lui serre la gorge. Un silence épais, pesant, qui ne sent pas la fête.

Ses pas résonnent étrangement sur le sable alors qu'il mène ses hommes vers l'emplacement de la palissade. L'air est lourd d'une humidité tropicale et d'une attente insoutenable. Ils avancent, les sens en alerte. Les maisons qu'il avait aidé à construire, les jardins qu'il avait vu s'ébaucher... tout est là. Enfin, presque. Les structures sont intactes, mais étrangement vides. Pas de fumée s'échappant des cheminées. Pas d'enfants jouant à cache-cache derrière les arbres. Pas âme qui vive.

White parcourt les allées désertes, le regard balayant les lieux avec une anxiété croissante. Il cherche un signe, n'importe lequel. Une chaussure oubliée, un outil laissé à la hâte. Rien. Les murs des maisons sont là, comme des coquilles vides, mais les colons, ses 115 colons, dont sa fille Eleanor Dare et sa petite-fille Virginia, première Anglaise née sur le sol américain, se sont évaporés. Il y a bien une palissade défensive, mais aucune trace de lutte, aucune indication d'un assaut. Pas de corps, pas de sang, pas de cendres fumantes. Une disparition totale, quasi chirurgicale, qui défie l'entendement.

La Colonie Perdue de Roanoke découverte déserte — Roanoke Colony, America
Image: Nicholas Hilliard · Public domain

Soudain, un de ses hommes pousse un cri. White se précipite. Sur un poteau de la palissade, grossièrement gravé, un mot. Un seul. « CROATOAN ». Et juste en dessous, sur un arbre voisin, les lettres « CRO » sont à peine visibles. Le gouverneur se souvient des instructions laissées aux colons : s'ils devaient partir, ils devaient sculpter le nom de leur destination. Et s'ils étaient en détresse, une croix devait accompagner le message. Il n'y a pas de croix. Un mince filet d'espoir se fraie un chemin à travers l'angoisse. Les colons seraient donc partis rejoindre la tribu amie des Croatoan, sur une île voisine, l'actuelle île de Hatteras.

Mais le destin, avec son humour noir, n'en avait pas fini avec John White. Une tempête terrible se lève, rendant toute expédition vers l'île de Croatoan impossible. Le capitaine du navire, pressé par l'approche de l'hiver et le manque de vivres, refuse d'attendre. White est contraint de rembarquer, laissant derrière lui le mystère qui, encore aujourd'hui, est l'un des plus persistants de l'histoire américaine. Il ne reverra jamais Roanoke. Sa petite-fille, Virginia Dare, dont la naissance aurait dû marquer le début d'une nouvelle ère, devint à la place le symbole d'une énigme. Une colonie entière, volatilisée, juste pour que l'Angleterre puisse régler ses comptes avec l'Espagne. On se demande parfois si la colonisation n'était pas, par moments, le plus grand des malentendus.

La Colonie Perdue de Roanoke découverte déserte — Roanoke Colony, America
Image: William Ludwell Sheppard · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/John White (colonist and artist)

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