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Guerre et conflit

Les Seldjoukides écrasent les Byzantins à Manzikert, revendiquent l'Anatolie

Manzikert, Anatolia

Les Seldjoukides écrasent les Byzantins à Manzikert, revendiquent l'Anatolie — Manzikert, Anatolia
Image: Fabienkhan modified by Ewan ar Born · CC BY-SA 2.5

Ce qui se passe sur le champ de bataille est souvent une tragédie. Ce qui se passe *avant* est parfois une farce, et c'est là que réside la véritable histoire de Manzikert.

En 1071, l'Empereur byzantin Romanos IV Diogène mène une armée colossale vers l'Anatolie orientale pour affronter les Turcs Seldjoukides. Son objectif est clair : restaurer la gloire impériale et repousser ces nouveaux venus qui harcèlent les frontières de l'Empire. Mais Romanos, un général issu de l'aristocratie militaire d'Anatolie, n'est pas un empereur de naissance. Il a épousé l'impératrice douairière Eudoxie Macrembolitissa, ce qui lui vaut la méfiance de la vieille garde byzantine, en particulier de la puissante famille Doukas.

Le 26 août 1071, près de Manzikert, l'armée byzantine se déploie. Elle est immense, un mélange hétéroclite de régiments thématiques, de mercenaires francs, normands, petchénègues et ouzbeks. Certains historiens estiment qu'elle compte entre 40 000 et 70 000 hommes, face à une force seldjoukide plus agile mais probablement inférieure en nombre. Le sultan Alp Arslan, chef des Seldjoukides, ne cherchait pas une confrontation directe aussi massive, mais plutôt des raids et des escarmouches. La bataille est presque une surprise pour les deux camps.

Les Seldjoukides écrasent les Byzantins à Manzikert, revendiquent l'Anatolie — Manzikert, Anatolia
Image: Zereshk · CC BY 3.0

Romanos Diogène, malgré sa réputation de tacticien, commet une erreur classique : il divise ses forces. Il détache une partie de son armée pour prendre la forteresse de Khliat, affaiblissant son corps principal. Pendant ce temps, le sultan Alp Arslan, qui avait d'abord cherché à négocier la paix, se prépare au combat, réalisant que l'occasion de frapper un coup décisif est là. Il motive ses troupes en déclarant qu'il est prêt à mourir en martyr pour l'Islam.

La trahison survient au moment crucial. Alors que la journée avance et que l'armée byzantine, fatiguée, commence à se replier vers son camp fortifié, les Seldjoukides lancent une contre-attaque féroce. C'est à cet instant qu'Andronikos Doukas, le neveu du César Jean Doukas et un général important de l'armée byzantine, commet l'impensable. Au lieu de couvrir la retraite de l'empereur, il donne l'ordre aux troupes sous son commandement – une part significative de l'arrière-garde byzantine – de quitter le champ de bataille. Certains témoins suggèrent même qu'il a délibérément répandu la rumeur que Romanos était mort, semant la panique.

Les Seldjoukides écrasent les Byzantins à Manzikert, revendiquent l'Anatolie — Manzikert, Anatolia
Image: User Zereshk on en.wikipedia · Public domain

Ce n'est pas une simple erreur tactique, mais un acte de subversion politique pure et simple. Les Doukas voulaient leur propre homme sur le trône et étaient prêts à sacrifier l'armée impériale pour y parvenir. Le résultat est un désastre. L'armée byzantine se désintègre, prise en tenaille, et l'empereur Romanos IV est capturé. Pour la première fois de son histoire millénaire, un empereur romain d'Orient tombe aux mains de l'ennemi. Alp Arslan le traite avec une courtoisie surprenante, le libère contre une rançon et la promesse d'un traité.

Mais le destin de Romanos n'est pas scellé par les Seldjoukides. À son retour, il est trahi à nouveau, par les mêmes factions qui l'ont miné à Manzikert. Il est déposé, aveuglé avec une cruauté effroyable, et meurt peu après des suites de ses blessures. La victoire seldjoukide n'était pas tant une démonstration de puissance militaire écrasante qu'un cadeau offert par la mesquinerie politique interne de Byzance. En l'espace de quelques décennies, l'Anatolie, cœur de l'Empire, passerait sous le contrôle turc, un processus irréversible déclenché non pas par la force d'un ennemi, mais par la faiblesse, et la lâcheté, de l'intérieur.

Source: en.wikipedia.org/wiki/Seljuk dynasty

Guerre et conflit

Les archers anglais déciment les Français à la bataille de Crécy

Crécy, France

Les archers anglais déciment les Français à la bataille de Crécy — Crécy, France
Image: Jean Froissart · Public domain

Le soleil, enfin, se retire derrière les nuages, mais la pluie a déjà fait son œuvre. Les arbalètes génoises, ces instruments complexes et lents, ont leurs cordes détrempées. Face à eux, les archers anglais, des hommes souvent jeunes, à peine sortis de l'adolescence pour certains, mais dont les muscles des bras racontent des années d'entraînement avec le grand arc. Ils se tiennent là, un pied dans la boue, l'autre sur la corde tendue de leur arme, dans une formation en « V » que le roi Édouard III, un homme d'expérience de 34 ans, a si méticuleusement orchestrée.

Nous sommes le 26 août 1346, près d'un petit village nommé Crécy, dans le Ponthieu. L'armée anglaise, épuisée par des semaines de chevauchée et de pillages, compte à peine 12 000 à 15 000 hommes. En face, se déploie la force écrasante de Philippe VI de France, réunissant près de 30 000 à 40 000 soldats, l'élite de la chevalerie européenne, des comtes, des ducs, des rois alliés. Philippe, 53 ans, impétueux, veut en finir. Il voit une proie facile, une armée à bout de souffle. L'ironie est un trait d'esprit que l'histoire, parfois, aime à manier avec une cruauté particulière.

Les Génois sont les premiers à avancer, sous les ordres, ou plutôt les imprécations, des maréchaux français. Fatigués, mal payés, leurs carreaux n'atteignent pas les lignes anglaises. Puis, le ciel s'ouvre, non pas d'une pluie, mais d'une grêle de flèches. Trois à cinq flèches par minute pour chaque archer anglais, soit des dizaines de milliers de projectiles qui s'abattent. Le sifflement est une constante, une mélodie funeste qui se mêle au cliquetis métallique, au hennissement des chevaux et aux cris des hommes. Les Génois paniquent, tentent de fuir. Mais la chevalerie française, impatiente, aveuglée par sa propre bravoure et l'honneur de la charge, les piétine sans distinction, les transformant en une masse hurlante de chair et de confusion.

Les archers anglais déciment les Français à la bataille de Crécy — Crécy, France
Image: Wikimedia Commons · Public domain

Les charges de la cavalerie française se succèdent, une quinzaine au total. Chaque fois, la même détermination vaine, le même manque de coordination. Les chevaliers, lourds dans leurs armures flamboyantes, se frayent un chemin dans un champ de cadavres, leurs bêtes glissant sur le sang et la boue. Ils ne parviennent jamais à percer la formation anglaise. Le jeune Édouard, Prince Noir, à peine âgé de 16 ans, se bat au cœur de la mêlée, son panache flottant. Son père, le roi, refuse de lui envoyer des renforts, lui enjoignant de « gagner ses éperons ».

Le carnage dure des heures, jusqu'au crépuscule. Au milieu du chaos, Jean de Luxembourg, roi de Bohême, âgé et aveugle, ordonne à ses hommes de l'attacher à leurs chevaux pour qu'il puisse participer à la charge finale. Il est retrouvé mort le lendemain, son corps criblé de flèches. Plus de 10 000 à 15 000 Français et leurs alliés, dont une dizaine de princes et plus de 1 500 chevaliers, jonchent le sol. Côté anglais, les pertes se comptent en quelques centaines. Une victoire écrasante, inattendue, qui redéfinit l'art de la guerre pour les siècles à venir. L'âge d'or de la chevalerie, avec ses codes d'honneur et ses charges individuelles, venait de s'écraser sous la pluie de flèches, rendant obsolète ce que l'on croyait invincible.

Les archers anglais déciment les Français à la bataille de Crécy — Crécy, France
Image: Attributed to Philippe de Mazerolles · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/Hundred Years' War

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