Guerre des Six Jours
Middle East
Le 10 juin 1967, la guerre des Six Jours prend fin avec un cessez-le-feu, laissant Israël aux commandes de la bande de Gaza et de la Cisjordanie. Mais ce que l’on oublie souvent, c’est que cette guerre a été précédée par des mois de tensions grandissantes entre Israël et ses voisins arabes, notamment l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. Le président égyptien Gamal Abdel Nasser avait bloqué le détroit de Tiran, empêchant les navires israéliens d’accéder à la mer Rouge, ce qui a été considéré comme une déclaration de guerre par Israël. Le premier ministre israélien Levi Eshkol a alors décidé de lancer une attaque préventive contre l’Égypte, qui a été suivie par des attaques contre la Syrie et la Jordanie. Les forces israéliennes ont rapidement pris le contrôle de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, ainsi que des hauteurs du Golan en Syrie.
La guerre des Six Jours a été marquée par des opérations militaires rapides et efficaces, mais également par des pertes humaines importantes. En six jours, les forces israéliennes ont perdu environ 780 soldats, tandis que les pays arabes ont perdu entre 10 000 et 20 000 hommes. La guerre a également entraîné l’exode de centaines de milliers de Palestiniens, qui ont fui leurs maisons pour se réfugier dans des camps de réfugiés en Jordanie, en Syrie et au Liban. Le nombre exact de réfugiés est difficile à déterminer, mais on estime qu’environ 300 000 personnes ont été déplacées.
L’un des aspects les plus intéressants de cette guerre est la façon dont les Israéliens ont utilisé l’aviation pour gagner la bataille. Les forces aériennes israéliennes ont détruit la quasi-totalité de l’aviation égyptienne au sol, ce qui a donné à Israël un avantage décisif. Le général israélien Mordechai Hod a déclaré que « l’aviation a été la clé de la victoire », et que « sans l’aviation, nous n’aurions pas pu gagner la guerre ». Cette stratégie a été tellement efficace que les États-Unis ont demandé à Israël de partager ses secrets pour améliorer leur propre aviation.
La guerre des Six Jours a également eu des conséquences diplomatiques importantes. Les États-Unis et l’Union soviétique ont tous deux joué un rôle important dans la guerre, en fournissant des armes et des conseils aux deux camps. Le président américain Lyndon B. Johnson a déclaré que « les États-Unis ne permettront pas que Israël soit détruit », tandis que le dirigeant soviétique Leonid Brejnev a menacé de « prendre des mesures sévères » contre Israël si la guerre continuait. La guerre a également conduit à l’adoption de la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a appelé à la création d’un État palestinien et à la fin de l’occupation israélienne.
La guerre des Six Jours a laissé une marque indélébile sur la région. Aujourd’hui, les conséquences de cette guerre sont encore visibles, avec des conflits qui continuent de faire rage entre Israël et les pays arabes. Le nombre de réfugiés palestiniens a augmenté de manière exponentielle, et les camps de réfugiés sont devenus des villes à part entière. Le général israélien Moshe Dayan a déclaré que « la guerre des Six Jours a été une victoire militaire, mais une défaite politique », car elle a créé un problème démographique important pour Israël, avec une population palestinienne qui continue de grandir. La guerre des Six Jours reste un événement complexe et multiforme, dont les conséquences sont encore ressenties aujourd’hui.