Daily History
Guerre et conflit

Première Bataille de Bull Run Commence

Manassas, Virginia, USA

Première Bataille de Bull Run Commence — Manassas, Virginia, USA
Image: William Ridgway after Felix Octavius Carr Darley · Public domain

Le 21 juillet 1861, des milliers de Washingtoniens se sont entassés dans des calèches pour se rendre en Virginie, comme s'ils allaient à un pique-nique. Certains avaient apporté du champagne. Ils venaient regarder l'armée nordiste écraser les rebelles en une après-midi.

Le problème était que personne ne savait ce qu'était vraiment une bataille.

La Première Bataille de Bull Run (appelée Manassas par le Sud) devait être une démonstration de force rapide. Abraham Lincoln, sous la pression des politiciens du Nord qui criaient qu'il fallait marcher sur Richmond, avait ordonné au général Irwin McDowell de frapper vite. McDowell lui-même doutait du plan. Ses soldats n'avaient reçu qu'une formation sommaire. Beaucoup d'entre eux étaient des engagés de trois mois — des civils en uniforme qui n'avaient jamais chargé à la baïonnette. Mais Washington voulait une victoire avant que les contrats n'expirent.

Ce qui s'est produit au bord de la rivière Bull Run a démoli chaque certitude.

Première Bataille de Bull Run Commence — Manassas, Virginia, USA
Image: Alexander Gardner · Public domain

Le matin, l'attaque nordiste semblait fonctionner. Les troupes sudistes, commandées par le général Joseph E. Johnston, reculaient sous la pression. Les spectateurs de Washington se demandaient déjà comment célébrer. Puis, vers midi, quelque chose a basculé. Une brigade confédérée sous les ordres de Thomas Jackson s'est plantée sur une crête et a refusé de bouger. Un officier sudiste l'a regardé tenir bon et a crié à ses hommes : « Regardez Jackson, debout comme un mur de pierre ! » Jackson garda ce surnom — Stonewall — et le Sud garda l'initiative.

Les renforts confédérés arrivaient. Johnston avait fait venir des troupes par chemin de fer depuis la vallée de Shenandoah, un mouvement qu'aucun commandant américain n'avait jamais tenté à cette échelle. Vers 15 heures, l'armée nordiste, épuisée et confuse, s'est effondrée. La retraite devint une débâcle. Les soldats jetaient leurs armes. Les civils qui avaient apporté leurs pique-niques se retrouvaient coincés dans la même panique.

Le bilan était brutal : environ 2 900 pertes du côté nordiste, 1 980 du côté sudiste. Pas énorme en termes de ce qui allait suivre, mais assez pour détruire l'illusion que cette guerre serait courte et civilisée.

Première Bataille de Bull Run Commence — Manassas, Virginia, USA
Image: Unknown · Public domain

Ce que personne n'avait compris, c'est que Bull Run était une victoire qui changeait tout, mais pas de la manière que le Sud imaginait. La défaite du Nord, au lieu de démoraliser Washington, le galvanisa. Le Nord comprit soudain qu'il fallait construire une véritable armée. Lincoln appela à 500 000 volontaires supplémentaires. Les trois mois de guerre devenaient quatre ans. Le Sud avait remporté une bataille spectaculaire et scellé son propre destin.

Les civils washingtoniens qui avaient apporté du champagne rentrèrent à la maison sans avoir rien célébré. Leurs calèches furent rattrapées par la réalité. La guerre était en marche. Elle ne s'arrêterait pas.

Source: en.wikipedia.org/wiki/First Battle of Bull Run

Personnalités

Première Ministre Prête Serment

Colombo, Ceylon

Première Ministre Prête Serment — Colombo, Ceylon
Image: United Press International (UPI) · Public domain

Le 21 juillet 1960, à Colombo, il faisait chaud. Le genre de chaleur qui colle aux chemises et rend les décisions difficiles, même les bonnes. La capitale de Ceylan était agitée depuis des semaines — des affiches aux murs, des discours dans les rues, le bruit habituel d'une élection qui s'achève. Mais ce jour-là, quelque chose d'invisible se mettait en place. Pendant que les fonctionnaires préparaient les bureaux du gouvernement, que les secrétaires arrangeaient les documents, que les policiers prenaient position aux portes, personne ne savait vraiment comment se comporter. Aucun précédent existait. Aucun manuel ne disait comment accueillir la première femme Premier ministre du monde.

Sirimavo Bandaranaike n'était pas arrivée là par ambition personnelle. Elle n'avait jamais brigué la politique — c'était son mari, Solomon Bandaranaike, qui était Premier ministre depuis quatre ans. Puis, en septembre 1959, un moine bouddhiste l'avait tué. Pas de conspiration internationale, pas de coup d'État dramatique : un assassinat personnel, le genre qui rappelle que la politique reste affaire de chair et de sang. Les élections qui ont suivi, en mars 1960, ont porté son parti au pouvoir. Et soudain, le veuvage politique s'était transformé en opportunité.

Ceylan était une colonie britannique devenue indépendante en 1948. C'était un endroit où le bouddhisme et le système parlementaire coexistaient, où les femmes avaient des droits — le droit de vote depuis 1931 — mais où le pouvoir restait fermement aux mains des hommes. Sirimavo Bandaranaike avait 43 ans, quatre enfants, et aucune expérience gouvernementale visible. Elle parlait le cinghalais et le français, lisait les journaux, connaissait les dossiers. C'était aussi une veuve dans un pays où la veuve d'un leader assassiné portait un poids particulier — celui de la continuité, du devoir, de la mémoire.

Première Ministre Prête Serment — Colombo, Ceylon

Lorsqu'elle a prêté serment ce jour-là, les journalistes étrangers ont à peine su comment couvrir l'événement. Les agences de presse britanniques ont envoyé des dépêches. Quelques articles sont parus, polis, un peu perplexes. Le monde n'avait pas de catégorie pour ça. Les femmes dirigeants existaient dans les histoires anciennes — Élisabeth Ière, Catherine la Grande — mais pas en 1960, pas dans le monde moderne, pas sans fanfare. Et voilà que ça se produisait, tranquillement, presque par accident, à Colombo, sous la chaleur d'un juillet ordinaire.

Elle a gouverné pendant dix-huit ans, en deux mandats. Elle a nationalisé les plantations de thé, a changé la langue officielle du pays, a navigué les tensions entre hindous et bouddhistes. Elle a commis des erreurs. Ses politiques économiques ont parfois échoué. Mais elle a gouverné — vraiment gouverné, pas régné par procuration. Ce qui rend l'histoire vraiment étrange, c'est que ce moment considéré aujourd'hui comme un tournant féministe était en réalité l'effet secondaire d'un assassinat. L'histoire ne s'était pas arrêtée pour célébrer le progrès. Elle avait continué, indifférente, écrasante, ordinaire.

Première Ministre Prête Serment — Colombo, Ceylon
Image: Anuradha Dullewe Wijeyeratne, 168 / 7, Inner Flower Road, Colombo 7, Sri Lanka. E - Mail : anuradha.wijeyeratne@gmail.co · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/Sirimavo Bandaranaike

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