L'Autriche-Hongrie Déclare la Guerre à la Serbie, Déclenchant la Première Guerre Mondiale
Vienna, Austria-Hungary
Le 27 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Rien de spectaculaire dans cette phrase — c'est un document officiel, quelques lignes de bureaucratie diplomatique. Et pourtant, c'est le moment exact où le monde bascule.
Le jour d'avant, le 26 juillet, on pouvait encore croire que tout s'arrangerait. L'Europe était certes tendue — les alliances militaires s'entrelaçaient comme des cordages sur un navire surchargé, chacun attendant que quelqu'un crie « Attention ! » — mais on négociait encore. Les chancelleries échangeaient des dépêches diplomatiques. Les journaux spéculaient. Les gens allaient à leurs affaires.
L'archiduc François-Ferdinand était mort depuis presque un mois. Le 28 juin, à Sarajevo, un jeune Serbe nommé Gavrilo Princip avait tiré deux balles qui tuèrent l'héritier du trône austro-hongrois et sa femme Sophie. C'était grave, certes. Mais les morts de princes, même héritiers, ne déclenchaient pas automatiquement des guerres continentales. Elles se punissaient, se négociaient, s'étouffaient parfois dans les salons.
Sauf que cette fois-ci, personne ne voulait l'étouffer.
L'Autriche-Hongrie soupçonnait la Serbie d'avoir organisé l'assassinat — une accusation probablement fondée. Elle rédigea donc un ultimatum si brutal, si conçu pour être refusé, que même les historiens qui l'étudient aujourd'hui le lisent avec une sorte de fascination horrifiée. Accepter aurait signifié pour la Serbie renoncer à sa souveraineté. Le refus était certain. Et le refus signifiait la guerre.
La Russie, alliée de la Serbie, commença à mobiliser. L'Allemagne, alliée de l'Autriche-Hongrie, émit des avertissements. La France était liée à la Russie. Le système entier fonctionnait comme une machine à dominos, sauf que personne ne pouvait l'arrêter — ou plutôt, personne ne voulait vraiment l'arrêter. Les diplomates envoyaient des télégrammes fiévreux. Les généraux aiguisaient leurs plans de guerre, élaborés depuis des années, attendant juste qu'on les autorise à s'exécuter.
Le 27 juillet, l'Autriche-Hongrie passe à l'acte. Ce n'est qu'une déclaration de guerre à la Serbie, petite nation des Balkans. Mais chacun savait ce que cela signifiait vraiment : c'était le premier domino. Quelques jours plus tard, la Russie mobilise. L'Allemagne déclare la guerre à la Russie. Puis à la France. La Grande-Bretagne se range aux côtés de la France. Et voilà : en moins d'une semaine, les grandes puissances d'Europe se retrouvent en guerre totale.
Ce qui est vertigineux, c'est la vitesse. Il n'y a pas eu de moment où quelqu'un aurait pu dire « Attendez, réfléchissons. » La machine s'était mise en marche et rien ne pouvait la ralentir. Les ministres et les généraux qui l'avaient construite découvraient maintenant qu'ils n'en contrôlaient plus l'accélération.
Sur le moment, beaucoup pensaient que ce serait fini avant l'automne. Quatre ans plus tard, dix millions de morts avaient eu le temps de découvrir à quel point ils se trompaient.