Daily History
Guerre et conflit

Les Mamelouks arrêtent l'avancée mongole à Ain Jalut

Palestine

Les Mamelouks arrêtent l'avancée mongole à Ain Jalut — Palestine
Image: Daniel Hopfer · Public domain

Ce n'est pas un grand stratège, une nouvelle arme ou une prophétie divine qui a stoppé l'avancée mongole réputée inéluctable en 1260. Non, c'était une querelle de famille. Le genre de désaccord qui, dans la plupart des foyers, se résoudrait par des portes qui claquent et des silences pesants à table. Mais quand la famille en question règne sur le plus vaste empire terrestre que le monde ait jamais connu, les portes qui claquent peuvent résonner sur des milliers de kilomètres et les silences pesants se traduire par le retrait de dizaines de milliers de cavaliers. C'est ce détail domestique, si l'on peut dire, qui a préparé le terrain pour la bataille d'Ain Jalut, un affrontement dont personne ne se souvient, mais qui a pourtant redessiné la carte du Moyen-Orient.

L'année précédente, en 1259, le Grand Khan Möngke, petit-fils de Gengis Khan, était décédé lors d'une campagne en Chine. Ce n'était pas une mort glorieuse sur le champ de bataille, mais plutôt une mort banale, peut-être de la dysenterie. Et son décès a déclenché une crise de succession. Selon la coutume mongole, tous les princes devaient retourner en Mongolie pour élire un nouveau dirigeant. C'est ainsi que Houlagou Khan, le frère de Möngke et le chef des armées mongoles qui terrorisaient le Levant, dut se retirer avec l'écrasante majorité de ses troupes. Il laissa derrière lui une force bien plus modeste, estimée à environ 10 000 à 20 000 hommes, sous le commandement du général nestorien Kitbuqa, avec l'ordre de maintenir la pression sur la Syrie et l'Égypte.

Face à cette force, se dressaient les Mamelouks d'Égypte. Qui étaient-ils ? Des esclaves. Ou plutôt, des soldats-esclaves. Pour la plupart, des enfants turcs, souvent des Kipchaks des steppes eurasiennes, achetés, convertis à l'islam, et entraînés avec une discipline de fer pour devenir une caste militaire d'élite. Ironie du sort : ceux qui étaient considérés comme des propriétés sans voix se retrouvaient à défendre l'Islam contre l'envahisseur le plus redoutable de son histoire. Leur sultan, Qutuz, lui-même un ancien Mamelouk, était un homme pragmatique. Il savait que l'alternative à la victoire était l'anéantissement pur et simple, comme l'avait subi Bagdad en 1258, où des centaines de milliers de personnes avaient péri.

Les Mamelouks arrêtent l'avancée mongole à Ain Jalut — Palestine
Image: PHGCOM · CC BY-SA 3.0

Le 3 septembre 1260, près de l'actuel kibboutz d'Ein Harod, dans la vallée de Jezréel en Palestine, les deux armées se sont rencontrées. Les Mamelouks, menés par Qutuz et son brillant général Baybars (un autre ancien esclave qui deviendrait sultan), avaient une stratégie bien pensée. Ils utilisèrent des tactiques de feinte et de retraite simulée, tirant les Mongols dans un piège dans une vallée étroite, où l'avantage de la mobilité mongole était atténué. La cavalerie lourde mamelouke chargea avec une férocité inattendue, tandis que l'infanterie et les archers montés maintiennent la pression. Les Mongols, habitués à des victoires écrasantes et à la terreur psychologique, se sont retrouvés dans une situation inconnue : un combat acharné contre un ennemi qui refusait de fuir.

La bataille fut un carnage. Kitbuqa fut capturé et exécuté. C'était la première fois que l'empire mongol subissait une défaite aussi décisive sur le champ de bataille, et elle marquait le point de son expansion maximale. Il y aurait d'autres raids mongols, mais jamais plus ils ne menaceraient directement le cœur de l'Égypte mamelouke. L'empire mongol, si vaste qu'il était devenu ingérable, s'était finalement brisé sous le poids de ses propres succès et de ses querelles intestines, laissant à des esclaves devenus maîtres le soin de redéfinir les frontières du monde connu. La vraie leçon, peut-être, c'est que même les plus grands empires peuvent trébucher sur un désaccord familial, et que la liberté, parfois, est défendue par ceux qui n'en ont jamais connue.

Les Mamelouks arrêtent l'avancée mongole à Ain Jalut — Palestine
Image: Louis Dupré · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/Mamluk

Politique et État

Fondation de Saint-Marin, la plus ancienne république

San Marino

Fondation de Saint-Marin, la plus ancienne république — San Marino
Image: Raphaël Sadeler (I) (1560-1632) · Public domain

Imaginez ceci : un empire, le plus puissant que le monde ait jamais connu, gronde, persécute, annexe. Ses légions foulent des continents entiers, ses lois dictent des millions de vies. Et puis, sur une montagne escarpée au cœur de cette machine colossale, un tailleur de pierre décide de fonder un pays. Non pas un royaume, non pas une province obéissante, mais une république. C’était le 3 septembre 301, et cet homme, Marinus, venait de poser la première pierre de Saint-Marin, la plus ancienne république encore debout. L'idée même d'une telle anomalie, d'une tache sur la carte qui refuse d'être avalée, est fascinante. Comment diable cela a-t-il pu arriver, et surtout, comment cela a-t-il pu durer ?

Marinus n'était pas un général, ni un empereur déchu. Il était un simple chrétien fuyant les persécutions de Dioclétien depuis l'île de Rab, en actuelle Croatie. Sa quête n'était pas le pouvoir, mais la paix. Il s'est retiré sur le mont Titano, un massif rocheux qui se dresse abruptement au-dessus de la plaine, un refuge naturel impénétrable. Là, il a bâti une petite communauté religieuse. L'audace n'était pas dans la conquête, mais dans la revendication d'un espace pour la liberté de conscience. C'est Felicissima, une riche matrone romaine convertie au christianisme, qui lui céda ces terres, lui disant, dit-on, « Je te quitte libre des deux hommes. » Une formule qui, pour un empire où personne n'était vraiment libre, résonne comme une blague cosmique.

Ce qui est stupéfiant, ce n'est pas tant la fondation, mais la persistance. Le monde était alors un échiquier où les royaumes naissaient et mouraient au gré des conquêtes. Le concept d'une micro-entité politique, autonome et républicaine, traversant les siècles comme un caillou dans la chaussure des empires, était tout simplement impensable. Avant Marinus, la survie d'une telle entité dépendait de sa capacité à se fondre dans le paysage politique dominant ou à être écrasée. Après lui, Saint-Marin a montré qu'une communauté pouvait persister non pas par la force militaire, mais par une combinaison astucieuse d'isolement géographique, de neutralité acharnée et, avouons-le, d'une dose de chance divine.

Fondation de Saint-Marin, la plus ancienne république — San Marino
Image: Camillo Bonelli · Public domain

Le « truc » de Saint-Marin, son mécanisme de survie, fut sa capacité à être suffisamment insignifiant pour ne pas être une menace, mais suffisamment singulier pour exister. Ses habitants ont développé un sens aigu de la diplomatie et de la résilience. Ils ont repoussé les papes, les ducs, les empereurs, non pas avec des armées, mais avec des pétitions, des barricades et une détermination farouche à ne pas être des sujets. Lors des guerres napoléoniennes, lorsque la carte de l'Europe fut redessinée à coups d'épée, Napoléon lui-même, impressionné par sa longévité et son statut républicain, offrit à Saint-Marin d'étendre son territoire et même de lui donner des canons. L'offre fut poliment déclinée, les sages de Saint-Marin ayant compris que leur force résidait justement dans leur petitesse et leur discrétion. Accepter des canons aurait signifié devenir une cible.

Ce minuscule État, d'une superficie d'à peine 61 kilomètres carrés (un peu moins que la ville de Dijon), a vu l'Empire romain s'effondrer, les États pontificaux naître et disparaître, l'Italie s'unifier, et deux guerres mondiales ravager le continent. Sa constitution, datant de 1600, est la plus ancienne du monde encore en vigueur, un monument à la ténacité républicaine. Saint-Marin n'a pas changé le monde en conquérant, mais en refusant d'être conquis. Un héritage modeste, mais qui démontre qu'une idée, même celle de la liberté sur un rocher, peut défier la gravité de l'histoire bien plus longtemps que n'importe quel empire.

Fondation de Saint-Marin, la plus ancienne république — San Marino
Image: Wikimedia Commons · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/San Marino

Guerre et conflit

La bataille de Worcester met fin à la guerre civile anglaise

Worcester, England

La bataille de Worcester met fin à la guerre civile anglaise — Worcester, England
Image: John Pettie · Public domain

Sous la pluie fine de ce 3 septembre 1651, le roi Charles II, jeune homme de vingt et un ans, observait depuis la tour de la cathédrale de Worcester ses espoirs s’éteindre sur les rives de la Severn. Autour de lui, la ville était un râle, un chaos de poudre et de boue où les derniers feux de la cause royaliste se noyaient. Les troupes parlementaires d’Oliver Cromwell, les « Têtes Rondes » aux casques de fer luisants, avaient encerclé la cité, les canons crachant leur fureur, les mousquets claquant comme un millier de portes battues par le vent. C’était l’heure finale d’une guerre civile qui avait déchiré l’Angleterre durant neuf longues années. Une guerre qui allait, ce jour-là, décapiter non pas un roi, mais une royauté.

L’assaut fut impitoyable. Cromwell, stratège brutal et ascétique, avait parfaitement coordonné ses forces. Les ponts furent pris, les rues de Worcester transformées en abattoirs. Charles, à la tête de son armée écossaise épuisée, lutta avec une bravoure désespérée, mais les 28 000 hommes de Cromwell étaient trop nombreux, trop entraînés, trop déterminés. Quand la retraite sonna, la déroute fut totale. Plus de 3 000 royalistes furent tués, et entre 7 000 et 10 000 capturés. Le jeune roi, dont la tête valait mille livres sterling, savait qu’il ne pouvait pas tomber entre les mains de ses ennemis. Son évasion, épopée de quarante-cinq jours, allait devenir une légende nationale, le point de départ d’une odyssée de déguisements, de cachettes dans des maisons sûres, et d’une nuit mémorable passée dans le feuillage épais d’un chêne royal, le « Royal Oak », tandis que les soldats de Cromwell le cherchaient frénétiquement en dessous. Il atteindrait la France, exilé, mais vivant.

Les conséquences de Worcester ne furent pas seulement la fuite d’un roi. Elles marquèrent la fin sanglante de la guerre civile anglaise et l’établissement d’une République, le Commonwealth, puis le Protectorat d’Oliver Cromwell. L’Angleterre, pour la première et unique fois de son histoire, se retrouvait sans monarque, dirigée par un Lord Protecteur dont le pouvoir serait bientôt plus absolu que celui du roi déchu. Pour les milliers de prisonniers, le sort fut moins clément. Beaucoup furent jugés pour trahison, mais un grand nombre d’entre eux, près de 8 000, furent vendus comme travailleurs sous contrat dans les plantations des Caraïbes et des colonies américaines, principalement la Barbade et la Virginie. C’était une forme de servitude qui différait peu de l’esclavage, pour une durée de sept à neuf ans, au terme de laquelle peu survivaient pour retrouver un jour la terre natale. On imagine l’ironie amère de ces Écossais, venus se battre pour un roi, finissant par travailler sous le fouet pour les profiteurs d’une république.

Ce jour-là, la volonté d’un seul homme, Oliver Cromwell, s’imposa, mais la nation, elle, ne se résolut jamais pleinement à l’absence de sa couronne. Quinze ans plus tard, les cendres de Cromwell seraient exhumées, son corps symboliquement pendu et décapité. Et Charles II, le fugitif de Worcester, rentrerait triomphalement à Londres pour restaurer la monarchie. Il est vrai que les Anglais, après avoir goûté à la théocratie puritaine, avaient développé un appétit insatiable pour les festivités et les couronnes, sans doute pour compenser les années de privation. Le souvenir de Worcester, cette victoire écrasante qui devait sceller le destin de l’Angleterre, ne fut donc qu’une pause dans un cycle plus grand, un simple interlude avant que l’ordre ancien ne reprenne sa place, teinté d’une nouvelle prudence, certes, mais toujours royal.

Source: en.wikipedia.org/wiki/Roundhead

Politique et État

Mort d'Oliver Cromwell, affaiblissement du Protectorat

England

Mort d'Oliver Cromwell, affaiblissement du Protectorat — England
Image: After Samuel Cooper · Public domain

Le vent hurle sur l'Angleterre en ce 3 septembre 1658, une tempête si violente qu'elle arrache les arbres, soulève les toits et fait craindre à beaucoup la fin des temps. Certains y voient un signe divin, le monde lui-même rugissant de douleur ou de triomphe à l'agonie d'un homme. Cet homme est Oliver Cromwell, le Lord Protecteur, le vainqueur de la guerre civile, celui qui a osé décapiter un roi et refaçonner l'âme même de la nation.

Dans les appartements de Whitehall, l'air est lourd, imprégné des odeurs de fièvre, de médecine et d'une lassitude mortelle. Cromwell, affaibli par une récurrence de paludisme et la maladie de la pierre, lutte. Ses yeux, qui ont vu tant de batailles et de parlements dissous, sont maintenant tournés vers un au-delà incertain. Autour de son lit, sa famille, ses médecins désemparés, et quelques-uns de ses plus fidèles conseillers retiennent leur souffle. Ils savent que l'horloge tourne, pas seulement pour un homme, mais pour une république.

À quatre heures de l'après-midi, le dernier souffle s'échappe. Le silence, un silence assourdissant, tombe sur la pièce, contrastant avec le vacarme apocalyptique de la tempête qui fait rage dehors. Le corps puissant qui a incarné la Révolution anglaise, qui a brisé l'absolutisme royal, n'est plus qu'une enveloppe frêle. La première tâche, avant même que la nouvelle ne s'échappe des murs de Whitehall, est de s'assurer de la succession. Quelques jours auparavant, Cromwell avait désigné son fils aîné, Richard, pour prendre sa place.

Mort d'Oliver Cromwell, affaiblissement du Protectorat — England
Image: Oxyman · CC BY 2.5

Richard Cromwell n'est pas son père. Là où Oliver était le fer, Richard est la soie. Un homme de la campagne, plus à l'aise avec la chasse et les plaisirs rustiques qu'avec les machinations politiques et les exigences implacables d'une armée puritaine. On le surnommera plus tard, non sans une certaine tendresse méprisante, « Tumbledown Dick ». Pourtant, l'ordre est clair : le document scellé par le père est ouvert, et la proclamation est faite. "Le Lord Protecteur est mort ! Vive le Lord Protecteur !" Le manteau de la République est passé sur les épaules d'un homme qui, d'évidence, préférerait un bon livre et une pipe.

La transition, sur le papier, est sans heurts. Le Conseil d'État reconnaît Richard. L'armée, en apparence, lui prête allégeance. Mais l'ironie est palpable. Le "roi sans couronne" a légué un fardeau colossal à un fils qui ne possède ni son génie militaire, ni son intransigeance religieuse, ni son autorité naturelle sur les factions enchevêtrées qui déchirent le pays. L'édifice bâti par le père, consolidé par le sang et la prière, repose désormais sur une fondation étonnamment fragile. Il ne faudrait pas plus de huit mois pour que cette tempête politique se calme d'une manière que personne, dans le tumulte de ce 3 septembre, n'aurait pu imaginer. La monarchie n'était pas morte, seulement en convalescence.

Mort d'Oliver Cromwell, affaiblissement du Protectorat — England
Image: Robert Walker · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/Oliver Cromwell

Religion et philosophie

Consécration du pape Grégoire le Grand

Consécration du pape Grégoire le Grand
Image: British Library · CC0

Le 3 septembre 590, à Rome, un homme de cinquante ans, épuisé par le deuil et la peur, se tenait sous la voûte d'une basilique, le regard vide. Il ne voulait pas être là. Cet homme, Grégoire, avait déjà connu les plus hauts échelons du pouvoir civil, puis la paix monastique, mais le destin, et une ville désespérée, l'avaient rattrapé. Il venait d'être, contre son gré, intronisé évêque de Rome, le Pape Grégoire Ier.

Quelques mois auparavant, la peste bubonique avait balayé la ville, emportant des milliers d'âmes, dont le Pape Pélage II. La mort frappait sans distinction, laissant derrière elle un sillage de terreur. Dans ce chaos, les survivants, environ 30 000 âmes sur une population autrefois bien plus dense, cherchaient un phare. Le clergé romain, en accord avec le peuple, désigna Grégoire. Un choix qui, pour lui, relevait de la malédiction.

Grégoire, issu d'une riche famille sénatoriale romaine – les Anicii – avait tout pour plaire. Préfet de la ville à trente ans, il avait abandonné les honneurs pour se faire moine, transformant son palais familial en monastère. Il avait goûté à la contemplation, à l'étude des Écritures. Mais Pélage II l'avait rappelé au service, l'envoyant comme apocrisiaire (ambassadeur) à Constantinople, un poste qui lui permit de naviguer les eaux troubles de la politique impériale. Son retour à Rome fut un bref répit avant l'appel ultime.

Consécration du pape Grégoire le Grand
Image: Unknown authorUnknown author · Public domain

Il tenta de fuir. La légende raconte qu'il se cacha dans un panier, ou qu'il s'échappa de la ville déguisé, mais fut miraculeusement ramené par un signe divin ou par la vigilance des habitants. L'empereur byzantin Maurice, loin à Constantinople, avait dû confirmer l'élection. Grégoire lui écrivit, suppliant d'annuler sa nomination, décrivant la charge comme un fardeau insupportable. L'empereur, sans doute amusé par cette humilité affichée, refusa. Le jour de la consécration, Grégoire était un captif de sa propre destinée, un moine forcé de devenir empereur spirituel.

Le peuple de Rome, qui avait tant souffert de la peste et des incursions lombardes, attendait un sauveur. Ils voyaient en lui non pas un simple chef religieux, mais un administrateur capable de nourrir la ville, de négocier avec les barbares, de reconstruire. Grégoire, qui avait rêvé de silence et de prière, allait devoir gérer les greniers à blé, les fortifications et les traités de paix. Il allait se révéler être un homme d'action redoutable, gérant les affaires de la ville comme un prince séculier, tout en réformant l'Église.

Consécration du pape Grégoire le Grand
Image: Illustrator unknown · Public domain

Il allait devenir "Grégoire le Grand", modelant la papauté médiévale et laissant un héritage culturel immense, notamment dans la liturgie et la musique. Ironie du sort, celui qui avait tout fait pour éviter le pouvoir allait l'exercer avec une audace et une efficacité rares, jetant les bases d'une Europe nouvelle, non pas par choix, mais par la seule force des circonstances et l'impérieuse nécessité de servir sa ville dévastée. Son premier acte significatif après son intronisation fut d'organiser une procession de masse à travers Rome, implorant la fin de la peste, une ville terrifiée marchant derrière son pape réticent, mais désormais résolu.

Ce jour-là, dans le vacarme des acclamations et le parfum de l'encens, personne ne pouvait deviner que l'homme qui se sentait le plus malheureux de Rome allait en devenir l'un des plus grands bâtisseurs. Il voulait être un simple moine, il fut un pape-roi, mais surtout, un gardien. Et il y a là une leçon sur la façon dont l'histoire, parfois, choisit ses héros, même ceux qui s'enfuient à toutes jambes.

Source: en.wikipedia.org/wiki/Pope Gregory I

Utilisez les flèches pour naviguer entre les jours

Parcourir toutes les archives →