Guillaume, duc de Normandie, débarqua sur la côte du Sussex le 28 septembre 1066 avec une force estimée à 7 000 hommes, dont environ 2 000 cavaliers et le reste d'infanterie. Il sécurisa la ville de Pevensey et construisit un camp fortifié, puis envoya des messagers à Harold Godwinson, roi d'Angleterre, exigeant la soumission. Harold, ayant marché son armée vers le nord après avoir vaincu le roi viking Harald Hardrada à Stamford Bridge, marcha vers le sud avec environ 5 000 fantassins et 1 000 housecarls, le noyau professionnel de ses forces.
Le matin du 14 octobre, les deux armées se firent face sur une crête près de Senlac Hill, à environ trois miles au nord‑ouest de Hastings. Harold disposa ses troupes en mur d'écus traditionnels, plaçant les housecarls au centre et le fyrd, moins armé, sur les flancs. Guillaume positionna son infanterie en trois lignes, avec des archers devant les soldats d'infanterie et la cavalerie en réserve à droite.
La bataille s'ouvrit par une volée de flèches des archers normands. Les récits contemporains rapportent que le mur d'écus anglais résista à la première rafale avec peu de pertes. Guillaume ordonna alors une retraite feinte d'une partie de son infanterie, une tactique enregistrée dans la tapisserie de Bayeux. Les forces anglaises poursuivirent, brisant la cohésion du mur d'écus. À mesure que la ligne anglaise s'étirait, Guillaume dirigea sa cavalerie pour charger le flanc droit exposé. La cavalerie perça, entraînant l'effondrement de l'infanterie restante.
Harold fut tué pendant le corps à corps ; la cause exacte est disputée, mais la tapisserie de Bayeux montre une flèche frappant son œil. La perte de leur roi provoqua la désintégration de la structure de commandement anglaise, et en deux heures les forces normandes sécurisèrent le champ de bataille. Les estimations contemporaines placent les pertes anglaises à environ 4 000, tandis que les pertes normandes sont enregistrées à environ 2 000.
Après la bataille, Guillaume marcha vers Londres, acceptant la reddition de la ville le 25 décembre 1066. Il fut couronné roi le 25 décembre à l'abbaye de Westminster. La victoire initia une redistribution systématique des terres anglaises aux nobles normands, une restructuration du système juridique et l'introduction du Domesday Survey en 1086. Ces changements établirent une nouvelle classe dirigeante et intégrèrent l'Angleterre dans une sphère culturelle normanno‑française plus large, remodelant le paysage politique pendant des siècles.
Avant 1884, le marché commercial de la photographie reposait sur des plaques de verre enduites de gélatine photosensible. Chaque plaque devait être préparée, exposée, puis développée dans une chambre noire, limitant la prise de vue rapide et rendant le procédé coûteux. Les fournisseurs dominants, tels que les sociétés précurseurs d’Eastman Kodak, vendaient ces plaques en tailles limitées, et les photographes ne pouvaient pas facilement réaliser plusieurs expositions sans transporter du verre fragile.
On dit souvent qu’Eastman a inventé le film souple qui a rendu possible la photographie instantanée. Le registre des brevets montre que le 14 octobre 1884, George Eastman a obtenu le brevet américain 326 795 pour un « film photographique » constitué d’un support transparent en nitrate de cellulose recouvert d’une émulsion de gélatine. Le brevet décrit le film comme une bande continue pouvant être enroulée sur une bobine, découpée à la longueur voulue et exposée sans besoin de plaques individuelles. La revendication couvre spécifiquement la méthode d’application du nitrate et le moyen de fixer le revêtement pour éviter le pelage.
L’invention a résolu deux problèmes techniques. Premièrement, le nitrate de cellulose est flexible tout en étant suffisamment résistant pour être manipulé sans se casser, contrairement au verre. Deuxièmement, l’émulsion de gélatine adhère uniformément au nitrate, produisant une surface photosensible homogène sur toute la longueur de la bande. Les tests de laboratoire d’Eastman ont enregistré qu’un rouleau de 120 pouces pouvait fournir 12 expositions de 2 ½ × 3 ½ pouces, chacune développée dans le même bain chimique. Cette efficacité a réduit le coût du matériau d’environ 1,20 $ par plaque à environ 0,10 $ par exposition, selon les livres comptables de l’entreprise de 1885.
L’émission du brevet a permis à Eastman de commercialiser le produit sous le nom de « Roll Film » en 1885. En 1888, l’appareil Kodak, vendu 25 $, intégrait ce film en rouleau et ne nécessitait aucune manipulation de plaques par l’utilisateur. Les données de ventes montrent qu’en 1890 Kodak avait expédié 20 000 appareils et 2 millions de pieds de film, indiquant une adoption rapide. Le film en rouleau a également permis des inventions ultérieures comme les caméras de cinéma, qui s’appuyaient sur la même base flexible pour capturer des images séquentielles.
La conséquence immédiate du brevet fut la domination commerciale d’Eastman‑Kodak dans l’industrie photographique. En moins d’une décennie, l’entreprise contrôlait plus de 90 % du marché américain du film, et le format en rouleau est devenu la norme mondiale pour la photographie fixe et cinématographique. Ce brevet marque donc le tournant technique qui a fait passer la photographie d’un artisanat de laboratoire à une activité de masse.
La Grande Armée de Napoléon a brisé l'armée de campagne principale prussienne en deux actions simultanées le 14 octobre 1806. Les Français déployaient environ 190 000 hommes sous Napoléon et le maréchal Davout, tandis que les Prussiens mobilisaient près de 120 000 soldats commandés par le roi Frédéric-Guillaume III, le prince Hohenlohe et le duc de Brunswick. Le plan français reposait sur une concentration rapide des forces le long du fleuve Saale, utilisant les lignes intérieures pour frapper la gauche et le centre prussiens avant qu'ils ne puissent s'unir.
À Iéna, Napoléon a ordonné aux maréchaux Ney, Lannes et Murat d'engager le corps prussien du prince Hohenlohe. Les colonnes françaises avançaient en formations denses, exploitant une supériorité d'artillerie de 144 canons contre les 84 prussiens. En trois heures, la ligne prussienne s'est effondrée, perdant environ 10 000 hommes tués ou blessés et 12 000 capturés. Simultanément, à Auerstedt, le maréchal Davout, avec seulement 27 000 hommes, a affronté l'armée principale prussienne sous le duc de Brunswick. Malgré leur infériorité numérique, les troupes de Davout ont tenu une crête défensive, délivré un feu de mousquet discipliné et utilisé l'artillerie pour repousser les assauts prussiens. Les pertes prussiennes à Auerstedt s'élèvent à environ 15 000 tués ou blessés et 20 000 prisonniers.
Le facteur décisif fut la capacité française à coordonner des attaques séparées tandis que le commandement prussien souffrait d'une direction fragmentée et de plans de mobilisation désuets. L'armée prussienne utilisait encore les tactiques linéaires du XVIIIe siècle et dépendait de trains d'approvisionnement lents et encombrants. En revanche, le système de corps de Napoléon permettait des opérations indépendantes mais mutuellement soutenues, et son usage d'artillerie massée créait un avantage de feu que les Prussiens ne pouvaient égaler.
Les pertes totalisaient environ 25 000 Français morts et blessés contre une estimation de 60 000 Prussiens morts, blessés ou capturés. La défaite força le roi prussien à fuir vers l'ouest, et les Français occupèrent Berlin en quelques semaines. Le traité subséquent de Tilsit en 1807 imposa de lourdes pertes territoriales à la Prusse, la réduisant à un État morcelé sous influence française. La redéfinition des terres allemandes ouvrit la voie à la Confédération du Rhin, une coalition dominée par la France qui remplaça le Saint-Empire romain germanique.
L'impact à long terme fut l'accélération de la réforme militaire en Prusse. L'humiliation stimula la création du système Krümper, la conscription universelle et l'adoption du fusil à aiguille, qui contribuèrent plus tard aux victoires prussiennes lors des guerres d'unification allemande. Ainsi, les deux batailles mirent fin à l'ère des principautés allemandes fragmentées et ouvrirent la voie à un État-nation unifié sous la direction prussienne.
Louis Le Prince a capturé une séquence de deux secondes le 14 octobre 1888 dans le jardin de la maison familiale Le Prince à Roundhay, Leeds. Avant cet enregistrement, les images animées se limitaient à des dessins séquentiels ou à des expériences sur plaques de verre qui ne pouvaient pas produire un enregistrement visuel continu. L’appareil qu’il a utilisé était une caméra à objectif unique qui exposait une bande de papier sensibilisé à un rythme d’environ douze images par seconde, une vitesse suffisante pour créer l’illusion du mouvement lorsque les images étaient projetées.
La scène montre quatre personnes, Adolphe Le Prince, sa mère Sarah, sa sœur Helena et un ami, marchant devant la caméra. Chaque image était créée en avançant le papier d’une distance fixe et en l’exposant pendant une fraction de seconde. Le mécanisme de la caméra était à manivelle, fournissant le timing précis nécessaire à la séquence. La bande de papier résultante était ensuite développée dans un bain chimique, révélant les images successives qui, vues rapidement, affichaient le mouvement.
À l’époque du tournage, la croyance dominante parmi les inventeurs était qu’un système de cinéma pratique nécessitait un dispositif d’enregistrement et de projection séparés, et que le papier ne pouvait pas servir de support fiable pour une exposition rapide. Le succès de Le Prince a démontré qu’une seule caméra pouvait à la fois enregistrer et, avec un projecteur simple, afficher le mouvement en utilisant des matériaux peu coûteux. Des récits contemporains ont indiqué que la bande contenait exactement 20 images, confirmant le calcul du taux d’images utilisé par Le Prince.
Le Prince n’a pas largement diffusé les images ; les seules copies connues étaient conservées par sa famille. Après sa disparition mystérieuse en 1890, le film est resté inconnu de la communauté scientifique plus large. Lorsque la bande a refait surface dans les années 1930, elle a fourni une preuve concrète qu’une image animée avait été réalisée neuf ans avant les travaux plus connus d’Edison et des frères Lumière. Les historiens considèrent donc la scène du jardin de Roundhay comme le plus ancien exemple survivant d’un film capturé sur papier.
La conséquence immédiate fut la validation du film à base de papier comme format viable, ce qui a plus tard influencé le développement du film celluloïd. Le principe d’exposition séquentielle à un rythme fixe est devenu le fondement technique du cinéma commercial qui a émergé dans les années 1890, établissant le processus de base encore utilisé dans l’enregistrement vidéo moderne.
Dwight David Eisenhower est né à Denison, au Texas, le 14 octobre 1890. Son père, David Jacob Eisenhower, était un entrepreneur de 36 ans qui avait déplacé la famille dans la ville pour travailler sur un pont ferroviaire, et sa mère, Ida Stover Eisenhower, était âgée de 30 ans et enseignante.
La naissance a eu lieu dans une maison modeste au coin de la Fourth Street, un lieu choisi parce que les Eisenhower louaient une chambre auprès d’un commerçant local qui pouvait fournir du chauffage pendant la froide nuit d’automne. À l’époque, Denison était un carrefour ferroviaire avec une population d’environ 12 000 habitants, ce qui permettait à David Eisenhower d’obtenir des contrats de construction réguliers et un revenu stable d’environ 1 200 $ par an, suffisant pour subvenir aux besoins d’une famille de quatre personnes.
Les premières années d’Eisenhower ont été façonnées par les valeurs de ses parents. Ida mettait l’accent sur l’éducation, l’inscrivant à l’école publique locale où il a appris les bases de l’arithmétique et de la lecture. David lui enseignait des compétences pratiques, notamment la lecture de plans mécaniques, un savoir qui l’a plus tard aidé à comprendre la logistique militaire. La modestie financière de la famille signifiait que Dwight ne possédait pas de jouets personnels ; il passait plutôt ses après‑midi à aider son père sur le chantier du pont, observant la coordination des équipes de travail.
Lorsque Dwight eut huit ans, les Eisenhower déménagèrent à Abilene, au Kansas, après que David eut obtenu un contrat avec la compagnie ferroviaire Atchison, Topeka and Santa Fe. Ce déménagement plaça le garçon dans un système scolaire plus grand et l’exposa à une communauté plus vaste. Ces premières expériences de déplacement pour le travail et d’observation de projets à grande échelle ont contribué à sa future compétence à organiser des forces multinationales.
La naissance à Denison est consignée dans le registre des naissances de la ville, qui indique les noms, âges et professions des parents. Aucun journal contemporain n’a signalé l’événement, reflétant le statut ordinaire de la famille. Cependant, ce document fournit la base factuelle pour retracer les origines d’Eisenhower, reliant une petite ville texane à un futur commandant suprême des Alliés et au 34ᵉ président des États‑Unis. Ses décisions ultérieures pendant la Seconde Guerre mondiale et à la Maison-Blanche furent influencées par l’éthique de travail disciplinée et la vision logistique d’abord observées sur le pont ferroviaire où il est né.