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Guerre et conflit

Le Japon lance l'invasion totale de la Chine au Pont Marco Polo

Beijing, China

Le Japon lance l'invasion totale de la Chine au Pont Marco Polo — Beijing, China
Image: Unknown photographer, Ministry of the Navy · Public domain

À 22h30 le 7 juillet 1937, une compagnie de soldats japonais en exercice près du Pont Marco Polo, à une trentaine de kilomètres de Pékin, entend des coups de feu. Personne ne sait d'où ils viennent. Personne ne sait qui a tiré. Mais dans les trente secondes qui suivent, cela n'aura plus aucune importance.

Le pont lui-même existe depuis le XIIe siècle. Les Occidentaux l'ont baptisé du nom du voyageur vénitien, comme si ce pont en pierre avait besoin d'un nom importé pour compter. Pendant des siècles, il traverse une rivière insignifiante — le Yongding — dans un paysage quelconque. En 1937, c'est une structure usée, stratégiquement inutile, trop vieille pour intéresser quiconque hormis les archéologues et les soldats qui s'y entraînent.

Ces soldats japonais, la nuit du 7 juillet, participent à des manœuvres de routine contre une cible vaguement chinoise. Tokyo planifie une invasion à grande échelle depuis des mois. Les militaires japonais veulent la Mandchourie, la Chine du Nord, ses ressources, sa main-d'œuvre. Ils ont besoin d'un prétexte. Cette nuit-là, le prétexte arrive sous forme de coup de feu — un seul, peut-être deux, dans l'obscurité.

Le Japon lance l'invasion totale de la Chine au Pont Marco Polo — Beijing, China
Image: Sha Fei · Public domain

La version japonaise : les Chinois ont tiré en premier. Provocation délibérée. La version chinoise : les Japonais ont tiré, puis accusé les Chinois. Aucune preuve solide ne permettra jamais de trancher. Ce qui compte, c'est que le capitaine Shimazu Mikio, responsable de la compagnie japonaise, déclare un soldat disparu — une revendication douteuse. Disparu? Capturé? Mort? Simplement en retard au campement? Le chaos des exercices de nuit rend tout possible.

Les Japonais réagissent en demandant aux troupes chinoises de se retirer. Les Chinois refusent. Tokyo exige une enquête et des excuses. La Chine nationaliste, déjà morcelée, divisée entre différentes factions, ne peut pas déployer suffisamment de force. Le 8 juillet, l'artillerie japonaise bombarde. Le 11 juillet, le gouvernement japonais déclare la mobilisation générale. Ce qu'on appellera plus tard la Deuxième Guerre sino-japonaise — qui tuera environ 20 millions de personnes en huit ans — commence par cette cascade de décisions basées sur une nuit d'équivoque.

Le Japon lance l'invasion totale de la Chine au Pont Marco Polo — Beijing, China
Image: Chinese army in India-Burma campaign pictorial · Public domain

L'ironie crue : les Japonais ont obtenu leur prétexte parfait précisément parce que personne ne saura jamais la vérité. Si on pouvait prouver qui a tiré en premier, cela pourrait réellement être un incident isolé, négociable, pardonnable. Mais puisque personne ne sait, le mystère justifie tout. Une compagnie de soldats en exercice, un bruit dans l'obscurité, une affirmation sur un soldat disparu — trois petites choses qui ensemble déclenchent une guerre d'occupation totale. Le capitaine Shimazu, ce soir-là, ne savait probablement pas qu'il inaugurait treize années de massacre. Il savait juste qu'un homme avait disparu. Ou prétendait le savoir. Même cela, on ne sait jamais vraiment.

Source: en.wikipedia.org/wiki/Second Sino-Japanese War

Guerre et conflit

Les attentats terroristes de Londres dans le métro et le bus tuent 52

London, United Kingdom

Les attentats terroristes de Londres dans le métro et le bus tuent 52 — London, United Kingdom
Image: Francis Tyers · CC BY-SA 3.0

Le matin du 7 juillet 2005, quatre hommes sont montés dans les transports londoniens avec l'intention précise de ne pas en descendre vivants. C'était jeudi, 8 h 50 du matin, heure de pointe. Les rames du métro étaient pleines. Un bus à impériale aussi.

Vingt-quatre heures plus tôt, Londres avait remporté l'organisation des Jeux olympiques de 2012. La ville flottait. Puis quatre explosions ont déchiré cette bulle entre 8 h 49 et 9 h 47. Trois bombes ont explosé dans le métro — à King's Cross, à Aldgate, à Edgware Road. Une quatrième a dévasté un bus double étage à Tavistock Square. Cinquante-deux personnes mortes. Des centaines d'autres traînant des blessures qui ne guériraient jamais vraiment.

Ce qui rendit cet événement étrange, c'est qu'il n'a pas changé grand-chose au plan tactique. Avant 7/7, les Occidentaux savaient que le terrorisme existait. Après 7/7, ils le savaient encore. Sauf qu'entre ces deux points, quelque chose s'était rompu, quelque chose de trop fragile pour qu'on continue à y croire. C'était l'idée que le terrorisme était un problème pour les autres villes, les autres pays, les autres gens. Pas pour le métro de Londres à 8 h 50 du matin.

Les attentats terroristes de Londres dans le métro et le bus tuent 52 — London, United Kingdom
Image: Nick Cooper (talk) · CC BY 3.0

Les quatre bombes contenaient du peroxyde d'hydrogène et de la poudre à canon — rien de particulièrement sophistiqué. Trois des quatre hommes qui les portaient étaient nés en Angleterre. Mohamed Sidique Khan, 30 ans, avait un doctorat. Shehzad Tanweer avait 22 ans. Germaine Lindsay, 19 ans, converti à l'islam depuis peu. Le quatrième, Hasib Hussain, en avait 18. Pas des fantômes surgis de camps d'entraînement afghans. Des voisins. Des collègues. Des garçons que vous auriez pu croiser au pub.

Ce détail troublait bien plus que n'importe quel chiffre : l'ennemi n'était pas là-bas. Il était ici, il parlait votre accent, il connaissait vos rues. Ce qui suivit fut une transformation silencieuse des villes occidentales. Les caméras de surveillance se multiplièrent. Les vérifications de sécurité devinrent plus intrusives. On apprit à vivpre avec une menace abstraite qui pouvait monter dans le métro avec vous, à 8 h 50 du matin, en costume ordinaire.

Les attentats terroristes de Londres dans le métro et le bus tuent 52 — London, United Kingdom
Image: Eliot Ward using his Sony Ericsson V800 cell phone. · CC BY 4.0

Pour les spécialistes de la sécurité, 7/7 marqua un basculement : le terrorisme intérieur inspiré par Al-Qaïda n'était plus une abstraction théorique, c'était un modèle opérationnel réplicable. Une équipe restreinte, pas d'équipement militaire lourd, juste l'accès aux transports publics et la volonté de mourir. Soudain, protéger chaque métro, chaque bus, chaque gare sembla impossible — et devint donc acceptable de ne pas le faire. À la place, on surveilla. On pista. On accepta des caméras dans les rues, des contrôles d'identité plus fréquents, des fouilles aux entrées.

Londres fut résiliente, comme Londre sait l'être. Ken Livingstone, le maire, déclara simplement : « Celui qui tue des innocents est un criminel, pas un soldat. » Parfait. Droit. Et largement inutile. Parce que la vraie change- ment s'était déjà opérée, invisiblement : nous avions collectivement cédé l'idée qu'une journée ordinaire pouvait simplement rester ordinaire. Un prix assez curieux à payer pour une sécurité que nous ne posséderions jamais vraiment.

Source: en.wikipedia.org/wiki/7 July 2005 London bombings

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