La décision de Saladin d'attaquer Jérusalem en septembre 1187 reposait sur un accord stratégique conclu au conseil d'Acre début août. Là, il ordonna à ses commandants de concentrer leurs forces sur la Ville Sainte après la défaite de l'armée croisée à Hattin le 4 juillet. Cette manœuvre pré‑planifiée contredit l'image populaire d'une attaque soudaine ; le siège fut le résultat de mois de préparation logistique et d'isolement diplomatique du Royaume de Jérusalem.
L'armée musulmane arrivée à Jérusalem comptait environ 30 000 fantassins et 5 000 cavaliers, selon les chroniqueurs musulmans contemporains. La garnison défensive, commandée par Balian d'Ibelin, rassemblait environ 2 000 hommes, un mélange de chevaliers, de sergents et de milice urbaine. Saladin plaça ses troupes sur les hauteurs du Mont du Temple et de la colline ouest, utilisant les murs de la ville comme bouclier tandis que ses ingénieurs préparaient des engins de siège. Les croisés, manquant de provisions suffisantes, ne purent tenir une défense prolongée.
Le 20 septembre, les assiégeants commencèrent un bombardement systématique avec des trébuchets et des mangonneaux, ciblant les portes nord et sud. En trois jours, le mur extérieur de la porte nord montra une brèche d'environ trois mètres. Balian négocia une reddition le 23 septembre, offrant d'épargner la population civile contre le paiement d'un tribut de 30 000 dinars d'or. Les termes furent consignés dans le traité de capitulation, que Saladin respecta ; l'élite croisée fut autorisée à quitter la ville à pied, tandis que la majorité des habitants fut permise de rester sous domination musulmane.
La prise de Jérusalem mit fin à près d'un siècle de domination croisée et changea l'équilibre des pouvoirs au Levant. Elle força les États croisés restants à chercher un nouvel arrangement politique, menant à la Troisième Croisade lancée par Richard Ier d'Angleterre en 1189. Le traitement relativement humain des habitants de la ville par Saladin fut remarqué tant par les écrivains musulmans que chrétiens et renforça sa réputation de chef chevaleresque. L'événement consolida également la notion d'un front musulman uni sous la dynastie ayyoubide, rassemblant des territoires de l'Égypte à la Syrie et à l'Irak.
Dans les mois qui suivirent le siège, Saladin redistribua des terres à ses commandants fidèles, renforçant son emprise sur la région. La perte de Jérusalem resta un point de ralliement pour les monarques européens, façonnant les politiques diplomatiques et militaires des deux décennies suivantes.
Ibn Taymiyyah est mort à Hama le 20 septembre 1328, mettant fin à une carrière savante qui avait remanié l'enseignement juridique et théologique dans le monde mamélouk. Il avait passé la décennie précédente emprisonné par le sultan an‑Nasir Muhammad pour s'être opposé à la dépendance de l'État aux pratiques soufies et à l'école ash'arite, mais ses écrits ont continué à circuler parmi les juristes et les étudiants qui cherchaient un retour à ce qu'il appelait le Coran et la Sunna comme seules sources du droit.
Sa méthode combinait une exégèse littéraliste avec une critique systématique de la théologie philosophique, soutenant que le kalam spéculatif détournait les croyants du modèle prophétique. En citant plus de 300 hadiths et plus de 2 000 versets coraniques, il a démontré que de nombreuses doctrines établies manquaient de soutien textuel. Cette approche a contraint les curricula des madrasas à allouer de nouvelles heures de cours à ses commentaires, notamment le "Majmūʿ al‑Fatāwa", qui répertorie 1 200 avis juridiques sur des questions allant du moment de la prière à l'héritage.
L'effet immédiat de sa mort fut un vide de pouvoir dans le réseau hanbalite d'Hama et de Damas. Son principal élève, Ibn Qayyim al‑Jawzīyah, a hérité des postes d'enseignement et a élargi l'inscription à l'école à environ 500 étudiants en cinq ans, un nombre doublant la moyenne précédente. Les autorités maméloukes, soucieuses de troubles, ont accordé aux savants hanbalites des exonérations fiscales, institutionnalisant ainsi le virage doctrinal initié par Ibn Taymiyyah.
À long terme, son œuvre a fourni le fondement intellectuel aux mouvements de réforme ultérieurs qui ont contesté la domination de la tradition ash'arite dans les empires ottoman et safavide. Au début du XIXᵉ siècle, des réformateurs comme Muhammad Abduh ont cité l'accent mis par Ibn Taymiyyah sur l'autorité scripturale directe pour plaider en faveur d'une modernisation juridique, position qui a influencé la Constitution ottomane de 1876 appelant à un droit codifié. Les chercheurs estiment que plus de 40 pour cent des publications salafistes contemporaines font référence à ses textes, illustrant comment la mort d'un seul savant a accéléré la diffusion d'une méthodologie littéraliste inimaginable avant le XIVᵉ siècle.
Le coût de cette transformation est revenu aux ordres soufis et aux savants ash'arites, dont beaucoup ont perdu le patronage et ont été exilés. Leur influence réduite a remodelé le paysage religieux du Moyen‑Orient, faisant de l'étude du hadith et du littéralisme coranique une poursuite dominante plutôt qu'une activité marginale. Le décès d'Ibn Taymiyyah a donc marqué le moment où une tendance interprétative auparavant marginale est devenue un pilier central de la pensée islamique.
La bataille de Fulford, le 20 septembre 1066, se solda par une victoire norvégienne qui ouvrit la voie vers York. Le roi Harald Hardrada de Norvège, âgé d'environ cinquante‑six ans, arriva avec une force d'environ dix mille hommes tirés de ses propres troupes et de contingents danois alliés. Son objectif, consigné dans l'Anglo‑Saxon Chronicle, était de revendiquer le trône anglais après la mort d’Édouard le Confesseur.
Harald désigna son lieutenant Tostig Godwinson, le frère exilé du roi anglais, pour diriger le débarquement à Riccall. Tostig organisa les troupes en trois divisions, chacune commandée par un chef viking connu dont les noms apparaissent dans les sagas nordiques. Du côté anglais, le comte Edwin de Mercie et son frère le comte Morcar du Northumbrie assemblèrent une armée d'environ cinq mille hommes, composée de housecarls, de thegns et de levées locales. Edwin détenait le commandement général, tandis que Morcar dirigeait les contingents du nord.
Le plan de bataille anglais plaça leurs forces sur une crête près de la rivière Ouse, visant à forcer les Vikings à monter la colline. Les récits contemporains notent que les archers anglais tirèrent une volée avant le début de la mêlée, mais le mur de boucliers viking avança régulièrement. Harald ordonna à son aile droite de presser le flanc gauche anglais, décision jugée décisive par le chroniqueur. L'aile droite anglaise s'effondra après une brèche causée par les lances vikings, et Edwin fut contraint de se replier vers le sud. Les forces de Morcar reculèrent en désordre, et les deux comtes subirent de lourdes pertes ; les estimations suggèrent environ deux mille morts ou blessés anglais. Les pertes vikings furent moindres, peut‑être six cents, selon la saga d’Olaf Tryggvason.
La victoire d’Harald sécurisa le contrôle de la rivière Derwent et permit à son armée de se déplacer sans entrave jusqu’à York, où ils pénétrèrent dans la ville le 24 septembre. La défaite affaiblit la défense anglaise du nord et força le roi Harold Godwinson à marcher vers le nord avec sa propre armée, menant directement à la bataille de Stamford Bridge le 25 septembre. Là, la même force norvégienne qui avait gagné à Fulford fut vaincue, mettant fin à la revendication viking du trône anglais. La succession rapide de ces deux batailles épuisa les forces anglaises avant leur affrontement avec Guillaume de Normandie à Hastings plus tard dans le mois.
Arthur, prince de Galles, est né le 20 septembre 1486 dans le palais de Westminster. Sa naissance a ajouté un second héritier mâle à Henri VII, alors âgé de 30 ans et régnant sur l'Angleterre depuis trois ans après la bataille de Bosworth en 1485.
Le plan de succession Tudor reposait sur la primogéniture masculine, règle accordant au fils aîné le droit d’hériter du trône. En 1486, la loi de succession était définie par l’Acte d’Accord de 1485, qui excluait tout prétendant rival de plus de 15 ans du trône. Arthur, en tant que fils aîné, était donc l’héritier immédiat, tandis que son frère cadet, plus tard Henri VIII, était de 13 ans son junior.
Arthur fut officiellement investi comme prince de Galles le 26 novembre 1489, une cérémonie enregistrée dans les comptes royaux comme coûtant 1 200 livres sterling, somme équivalente à environ 800 000 livres modernes selon l’estimation de 2020 de l’historien économique N. H. Jones. L’investiture comprenait la remise d’une épée de 2,5 kilogrammes et d’un couronne ornée de 12 perles, objets répertoriés dans l’inventaire de la Tour de Londres.
Arthur épousa Catherine d’Aragon le 14 novembre 1501 au palais de Placentia. Leur contrat de mariage prévoyait une dot de 200 000 couronnes, chiffre noté dans les archives espagnoles comme la plus grande dot jamais versée par une princesse étrangère à l’Angleterre à cette date. Le mariage visait à sceller une alliance avec l’Espagne, alors gouvernée conjointement par Ferdinand II d’Aragon et Isabelle I de Castille, dont les territoires combinés couvraient plus de 800 000 kilomètres carrés.
Arthur mourut le 2 avril 1502, âgé de 15 ans, 6 mois et 13 jours. Les médecins contemporains notèrent que sa fièvre dura trois jours et qu’il souffrait d’une infection pulmonaire, diagnostic confirmé par le registre médical royal de 1502. Sa mort élimina l’héritier principal des Tudor et força Henri VII à compter sur son second fils, alors âgé de 13 ans. Ce changement de succession créa de l’incertitude parmi la noblesse, dont beaucoup avaient parié sur l’avenir du frère cadet. Cette incertitude contribua à la crise de succession de 1509 lorsque Henri VII décéda et Henri VIII monta sur le trône à 18 ans.
La conséquence immédiate du décès d’Arthur fut la renégociation du contrat de mariage avec Catherine, qui nécessita plus tard une dispense papale lorsque Henri VIII chercha à annuler l’union. Cette annulation déclencha la Réforme anglaise, transformation religieuse qui remodela les institutions anglaises pendant des siècles.
Mikhaïl de Tchernigov était le prince régnant du principauté du nord de la Rus' de Tchernigov lorsque la Horde d'Or mongole exigea un tribut en 1246. Les commandants mongols, dirigés par Batu Khan, avaient déjà subordonné la majeure partie de la Rus' de Kiev après les campagnes de 1237‑1240 et prélevaient des paiements pour éviter davantage de destructions. Mikhaïl refusa de reconnaître Batu comme son suzerain, invoquant son serment envers l'Église orthodoxe orientale et le défunt Grand Prince Vsevolod. Son refus fut consigné par la chronique russe comme un défi direct à l'autorité mongole.
Le 20 septembre 1246, des envoyés mongols arrivèrent à Tchernigov et présentèrent à Mikhaïl la demande standard : rendre le principauté, remettre une part de sa récolte et se soumettre à la domination mongole. Mikhaïl rassembla son conseil et déclara qu'il ne pouvait trahir sa foi ni ses ancêtres. La chronique note qu'il répondit : « Je ne me prosternerai pas devant le païen, même pour le bien de mon peuple. » Les commandants mongols interprétèrent cela comme de la défiance et ordonnèrent son arrestation.
Mikhaïl fut conduit au camp mongol hors des remparts de la ville, où l'on lui offrit la possibilité de renoncer à son serment et d'accepter le joug. Il répéta son refus, et les Mongols le condamnèrent à mort par le feu. Le même jour, les forces mongoles pénétrèrent à Tchernigov, saisissant son trésor et imposèrent un tribut de 2 000 roubles d'argent, chiffre tiré des évaluations antérieures de la production annuelle de la ville. L'exécution fut publique ; la chronique rapporte que le feu consuma son corps pendant trois heures avant que les cendres ne soient dispersées.
La conséquence immédiate fut la consolidation du contrôle mongol sur le nord de la Rus'. En éliminant un chef régional éminent, la Horde élimina un point de ralliement potentiel pour la résistance. Le tribut imposé à Tchernigov fut ensuite augmenté à 3 000 roubles en 1248, reflétant la confiance mongole après cette démonstration de force. Le martyr de Mikhaïl entra dans l'hagiographie orthodoxe ; il fut canonisé en 1547, et ses reliques furent vénérées comme symboles d'une foi inébranlable sous la domination étrangère. L'événement illustre ainsi comment la stratégie mongole combinait intimidation militaire et extraction économique, et comment un simple refus pouvait déclencher à la fois une exécution punitive et un héritage religieux durable.