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Politique et État

Aube de l'ère Meiji : l'Empereur proclame le nouveau Japon

Tokyo, Japan

Aube de l'ère Meiji : l'Empereur proclame le nouveau Japon — Tokyo, Japan
Image: Takahashi Yuichi (1828-1894) · Public domain

Avant le 23 octobre 1868, le Japon était gouverné par le shogunat Tokugawa, un gouvernement militaire qui contrôlait le pays depuis plus de 250 ans. L'empereur à Kyoto n'avait qu'un statut cérémonial tandis que le shogun commandait l'armée, percevait les impôts et dirigeait la politique étrangère. La ville capitale, Edo, fonctionnait comme le centre administratif du shogunat et abritait environ 1,1 million d'habitants, ce qui en faisait la plus grande agglomération du monde à l'époque. Le système politique exigeait la loyauté des samouraïs envers les daimyos locaux qui, à leur tour, répondaient au shogun. Cette hiérarchie était considérée comme permanente par la plupart des fonctionnaires, même si les puissances occidentales imposaient des traités inégaux révélant la faiblesse du shogunat.

Le matin du 23 octobre 1868, l'empereur Meiji publia un rescrit impérial annonçant le début de l'ère Meiji et déplaçant officiellement le siège du gouvernement de Kyoto à Edo, renommée Tokyo. Le rescrit fut rédigé par les fonctionnaires de cour Kido Takayoshi et Ito Hirobumi, qui avaient mené le mouvement de restauration du pouvoir impérial. En changeant le nom de la capitale et en déplaçant la cour impériale, l'empereur remplaça l'autorité de facto du shogunat par un État centralisé sous son contrôle direct. Le nouveau gouvernement dissout immédiatement les allocations restantes des samouraïs, qui totalisaient 30 000 ryō par an, et commence à rédiger une constitution qui sera promulguée en 1889.

Le changement modifia la structure interne du Japon de façon mesurable. La bureaucratie du shogunat, employant environ 5 000 fonctionnaires, fut intégrée à une nouvelle fonction publique qui atteignit 8 000 personnes en 1872. Les daimyos, qui gouvernaient auparavant 260 domaines, durent remettre leurs terres et furent nommés gouverneurs de préfectures ; le nombre de préfectures passa de 3 à 72 en deux ans. La collecte des impôts passa des paiements en riz à un système monétaire basé sur le yen, introduit en 1871, qui fixa le taux à 3,5 yen par koku de riz. Ces réformes réduisirent le pouvoir militaire de la classe samouraï, dont le nombre passa d'environ 400 000 en 1867 à moins de 20 000 en 1876.

Aube de l'ère Meiji : l'Empereur proclame le nouveau Japon — Tokyo, Japan
Image: 山村才助(Saisuke Yamamura, 1770-1807) · Public domain

La conséquence immédiate de la proclamation impériale fut la création d'un État bureaucratique moderne capable de négocier avec les puissances occidentales sur un pied d'égalité. En cinq ans, le Japon signa le traité d'amitié avec les États‑Unis, mettant fin aux clauses d'extraterritorialité qui avaient pesé sur le shogunat. La centralisation du gouvernement Meiji posa les bases d'une industrialisation rapide, qui transforma le Japon en puissance régionale au début du XXᵉ siècle.

Aube de l'ère Meiji : l'Empereur proclame le nouveau Japon — Tokyo, Japan
Image: Unknown authorUnknown author · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/Meiji Restoration

Technologie

Premier vol motorisé européen de Santos‑Dumont

Bagatelle, France

Premier vol motorisé européen de Santos‑Dumont — Bagatelle, France
Image: Zaida Ben-Yusuf / Adam Cuerden · Public domain

Avant 1906, les seuls vols soutenus plus lourds que l’air étaient réalisés au Brésil par Alberto Santos‑Dumont avec son dirigeable de 14 kilowatts, et en Europe les frères Wright avaient volé en 1903 mais leurs machines n’avaient pas été démontrées publiquement en France. Les sociétés aéronautiques françaises avaient organisé des expositions où l’on présentait des planeurs, mais aucun aéronef motorisé n’avait décollé sous sa propre puissance sur le sol français. Le gouvernement français avait accordé un prix pour le premier vol motorisé d’au moins 25 mètres, incitant les inventeurs à tenter une démonstration publique.

Le 23 octobre 1906, Santos‑Dumont a fait voler son aéronef No 14 depuis le terrain de la Bagatelle, près de Paris. La machine possédait une structure légère en aluminium, un moteur de 14 kilowatts entraînant une hélice à trois pales, et un stabilisateur horizontal fixe. Il a roulé sur une courte distance, puis s’est décollé et est resté en l’air pendant 21 secondes, couvrant 60 mètres à une hauteur d’environ trois mètres. Le vol a été observé par une foule d’environ 300 spectateurs et consigné par le quotidien français Le Figaro, qui a noté la distance exacte et la durée.

Le vol a satisfait les critères du prix de la Société aéronautique française, qui exigeait un décollage motorisé, une distance minimale de 25 mètres et un atterrissage sans dommage. Le prix de 50 000 francs a été attribué à Santos‑Dumont le 16 décembre 1906, confirmant la légitimité de son exploit. Des ingénieurs contemporains ont mesuré la puissance du moteur et confirmé que le rapport puissance‑poids était suffisant pour vaincre la traînée et soulever l’appareil, fournissant la première preuve quantitative que le vol motorisé plus lourd que l’air était réalisable en Europe.

Premier vol motorisé européen de Santos‑Dumont — Bagatelle, France
Image: Wikimedia Commons · Public domain

L’événement a suscité un vif intérêt parmi les inventeurs français, menant à la création de plusieurs clubs aéronautiques et à la construction d’au moins douze nouveaux modèles d’aéronefs d’ici la fin 1907. Il a également influencé l’armée française, qui a commencé à évaluer les aéronefs pour la reconnaissance, allouant des fonds pour développer une petite flotte d’ici 1909. Le vol de Santos‑Dumont a ainsi marqué la transition du vol plané expérimental à l’aviation motorisée pratique en Europe.

Premier vol motorisé européen de Santos‑Dumont — Bagatelle, France
Image: José Rosael/Hélio Nobre/Museu Paulista da USP · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/Alberto Santos-Dumont

Guerre et conflit

Antoine et Octave vainquent Brutus à Philippes

Philippi, Macedonia

Antoine et Octave vainquent Brutus à Philippes — Philippi, Macedonia
Image: Wikimedia Commons · Public domain

Le facteur décisif que la plupart des récits omettent est la décision du Sénat, fin 44 av. J.-C., d’accorder à Octavien et à Marc Antoine le commandement conjoint des provinces orientales. Cette disposition leur donna l’autorité légale de lever des armées et de puiser dans le trésor de la République, ressources que les Libérateurs ne pouvaient égaler. Les récits populaires présentent la bataille comme un simple affrontement de personnalités, pourtant le mandat juridique sous‑jacent façonna les forces que chaque camp pouvait déployer.

À Philippes, les deux armées se rencontrèrent sur une plaine près de la ville en Macédoine. Octavien commandait environ 28 000 fantassins et 5 000 cavaliers, tandis qu’Antoine dirigeait près de 13 000 fantassins et 2 000 cavaliers. Brutus et Cassius réunirent ensemble environ 31 000 fantassins et 4 000 cavaliers. Les Libérateurs placèrent leurs légions les plus fortes sur le flanc gauche, espérant envelopper le côté d’Antoine, tandis que les vétérans d’Octavien tenaient le centre.

Le premier jour, Brutus lança une attaque réussie sur le flanc droit d’Octavien, forçant le jeune commandant à battre en retraite à travers une rivière peu profonde. Les forces d’Antoine à gauche tinrent, mais les Libérateurs ne profitèrent pas de l’ouverture. Les chercheurs modernes notent que la décision de Brutus de pousser en avant plutôt que de consolider sa ligne permit à Octavien de se regrouper pendant la nuit. Le deuxième jour, Antoine et Octavien menèrent une offensive coordonnée sur le centre et le flanc gauche, brisant la ligne des Libérateurs. Cassius, croyant la bataille perdue, se suicida ; Brutus, après une brève résistance, se donna également la mort. Les sources contemporaines rapportent 6 000 morts Libérateurs et 4 000 capturés, tandis que les triumvirs perdirent environ 2 000 hommes.

Antoine et Octave vainquent Brutus à Philippes — Philippi, Macedonia
Image: Wikimedia Commons · Public domain

La victoire élimina la dernière opposition organisée au Second Triumvirat et donna à Octavien et à Antoine le contrôle incontesté du monde romain. Dans les mois qui suivirent, les triumvirs partagèrent les provinces, Antoine recevant l’est et Octavien l’ouest. La défaite ouvrit également la voie à l’ascension éventuelle d’Octavien comme seul dirigeant, transition achevée après le conflit ultérieur avec Antoine à Actium.

Ainsi, l’issue de la bataille ne dépendait pas seulement des tactiques sur le champ de bataille, mais du mandat juridique antérieur qui fournissait à Octavien et à Antoine des ressources et une légitimité supérieures. La défaite de Brutus et Cassius marqua la fin de la résistance républicaine et prépara le terrain pour le système impérial qui dominerait Rome pendant des siècles.

Source: en.wikipedia.org/wiki/Liberators' civil war

Guerre et conflit

La Grande-Bretagne bombarde Canton, déclenchant la deuxième guerre de l’opium

Canton (Guangzhou), China

La Grande-Bretagne bombarde Canton, déclenchant la deuxième guerre de l’opium — Canton (Guangzhou), China
Image: Émile Bayard · Public domain

Les forces britanniques ont attaqué les forts-barrières près de Canton le 23 octobre 1856, marquant le premier mouvement de la deuxième guerre de l'opium. L'assaut a été ordonné par l'amiral Sir Michael Seymour après que les autorités chinoises eurent saisi le navire marchand Arrow et emprisonné son équipage. Seymour a rassemblé une escadre de trois navires de guerre à vapeur, deux canonnières et un contingent de 400 Royal Marines. À 07 h 30, les navires se sont positionnés dans le fleuve des Perles à portée de tir des forts qui gardaient l'approche occidentale de Canton.

Le premier objectif était le Fort Nord, une structure en maçonnerie équipée de douze canons de 68 livres. Les artilleurs britanniques ont ouvert le feu avec une salve de obus à fragmentation, suivie d'un bombardement direct des vapeur. Après vingt minutes, les canons du fort se sont tus, et une troupe de 150 marines a pris le parapet, rencontrant huit défenseurs chinois qui ont été tués ou blessés. Le Fort Nord a été capturé avec seulement trois pertes britanniques.

À 08 h 15, la flotte s’est dirigée vers le Fort Sud, qui possédait un armement similaire mais une garnison plus importante d’environ 300 soldats. Les Britanniques ont répété le schéma de bombardement, ajoutant un projectile de fer chauffé qui a fait exploser la poudre du magasin à 08 h 42. L’explosion a détruit la batterie principale et a contraint les défenseurs restants à se replier derrière les murs de la ville. Les pertes britanniques sont montées à sept tués et douze blessés, tandis que les pertes chinoises étaient estimées à plus d’une centaine de morts.

La Grande-Bretagne bombarde Canton, déclenchant la deuxième guerre de l’opium — Canton (Guangzhou), China
Image: Edwin Weedon · Public domain

La prise rapide des deux forts a donné aux Britanniques le contrôle du chenal du fleuve et a forcé les autorités de Canton à négocier. En une semaine, le gouvernement Qing a signé un accord provisoire permettant aux Britanniques d’occuper les forts et d’exiger la libération de l’équipage de l’Arrow. L’incident a également déclenché une crise diplomatique plus large ; les États‑Unis et la France, invoquant des griefs similaires, ont préparé leurs propres forces navales pour une action l’année suivante. Le coût de l’opération a été relativement faible pour la Grande‑Bretagne, environ 30 000 £ en munitions et carburant, mais la perte chinoise en hommes et en fortifications a affaibli leur posture défensive le long du fleuve des Perles. La capture des forts-barrières a donc préparé le terrain pour d’autres avancées militaires qui ont culminé avec le traité de Tianjin en 1858, ouvrant des ports supplémentaires au commerce étranger et légalisant le commerce de l’opium.

La conséquence immédiate de l’assaut du 23 octobre a été l’établissement d’une position britannique qui a contraint la dynastie Qing à céder aux exigences étrangères, remodelant les relations sino‑britanniques pour le reste du siècle.

La Grande-Bretagne bombarde Canton, déclenchant la deuxième guerre de l’opium — Canton (Guangzhou), China
Image: Unknown authorUnknown author · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/Second Opium War

Guerre et conflit

Edgehill déclenche la guerre civile anglaise

Edgehill, Warwickshire, England

Edgehill déclenche la guerre civile anglaise — Edgehill, Warwickshire, England
Image: Wikimedia Commons · CC BY 4.0

La première bataille de campagne de la guerre civile anglaise a eu lieu lorsque l'armée royaliste sous le roi Charles Ier a rencontré la force parlementaire dirigée par le comte d'Essex. Les deux camps s'étaient rassemblés dans le Warwickshire parce que le contrôle des Midlands offrirait à chaque gouvernement une base logistique pour approvisionner les armées et influencer les comtés environnants.

Les royalistes comptaient environ 13 000 hommes, dont 3 000 cavaliers, 5 000 fantassins et 5 000 milices tirées des garnisons locales. Leur structure de commandement plaçait le prince Rupert à la tête de la cavalerie, tandis que l'infanterie était organisée en trois régiments d'infanterie, chacun commandé par un colonel. Les parlementaires étaient au nombre d'environ 11 000, avec 4 000 cavaliers et 7 000 fantassins, et leur armée était disposée en formation traditionnelle « tortue »: infanterie au centre, cavalerie sur les flancs et réserve de mousquetaires derrière les lignes. Le plan reposait sur la capacité de la cavalerie à percer le flanc ennemi avant que l'infanterie ne s'engage.

À l'aube, la cavalerie royaliste a chargé le flanc gauche parlementaire. Les cavaliers du prince Rupert ont percé le flanc, mais la cavalerie parlementaire sous Sir William Balfour a rapidement contre‑chargé et contraint les royalistes à battre en retraite. L'infanterie s'est ensuite affrontée dans une mêlée chaotique qui a duré plusieurs heures. Aucun camp n'a pu obtenir d'avantage décisif ; les deux parties ont subi de lourdes pertes, environ 2 000 soldats royalistes et 1 500 parlementaires ont été tués, blessés ou capturés.

Edgehill déclenche la guerre civile anglaise — Edgehill, Warwickshire, England
Image: Charles Landseer (1799 - 1879) (British) Born in London, England. Died in London, England. Details on Google Art Project · Public domain

La bataille s'est terminée sans vainqueur clair, mais elle a démontré que de grandes armées permanentes pouvaient être levées sans financement direct du monarque, le Parlement finançant par de nouvelles taxes et des emprunts. Ce mécanisme financier a déplacé l'équilibre du pouvoir : la capacité de soutenir une armée grâce au contrôle parlementaire des recettes est devenue une caractéristique ordinaire de la guerre anglaise après 1642. L'impasse a également contraint les deux commandants à reconsidérer l'usage de la cavalerie comme force décisive, menant à des tactiques d'infanterie plus coordonnées dans les engagements ultérieurs.

Dans les semaines qui ont suivi Edgehill, les deux camps se sont regroupés et ont renforcé leurs positions. Charles Ier s'est retiré à Oxford, en faisant une capitale royaliste, tandis que les parlementaires ont fortifié Londres et ont continué à lever des troupes. Le résultat inconclusif de la bataille signifiait que la guerre se poursuivrait encore une décennie, remodelant finalement le système politique anglais et établissant un précédent de contrôle parlementaire de l'armée.

Edgehill déclenche la guerre civile anglaise — Edgehill, Warwickshire, England
Image: Joseph Swain · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/Battle of Edgehill

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