Daily History
Politique et État

Nixon annonce sa démission à la télévision

Washington, D.C., United States

Nixon annonce sa démission à la télévision — Washington, D.C., United States
Image: Oliver F. Atkins · Public domain

Richard Nixon regarda la caméra le 8 août 1974 à 21h01 et prononça les mots que personne n'aurait cru possibles d'une bouche présidentielle : « Je démissionne de mes fonctions de président, avec effet immédiat. » Pas de larmes, pas de rage. Juste une voix plate, presque vide, comme celle d'un homme qui venait de comprendre que le jeu était terminé.

Mais voici ce qui rend cette démission fascinante : elle n'a pas commencé par une grande conspiration découverte. Elle a commencé par un cambriolage stupide. Le 17 juin 1972, cinq hommes se sont fait arrêter en train de s'introduire dans le siège du Comité national démocrate au Watergate, un immeuble de bureaux à Washington. Personne ne savait pourquoi. Personne ne savait qui les avait envoyés. Pendant deux ans, des journalistes du Washington Post — Bob Woodward et Carl Bernstein, deux types encore inconnus — ont tiré sur ce fil microscopique. Chaque article révélait un complice. Chaque complice en révélait un autre. C'était comme regarder un pull se dérouler entièrement parce qu'on a trouvé une petite boucle mal nouée.

Le mécanisme était implacable. Les enquêteurs découvaient que le Président lui-même avait ordonné le cambriolage. Puis qu'il avait tenté d'étouffer l'enquête. Puis qu'il avait enregistré toutes ses conversations dans le Bureau Ovale — des bandes sonores qui le condamnaient. Le Congrès ouvrit une procédure de destitution. Nixon se battit pendant des mois. Puis, le 5 août, une bande fut rendue publique : Nixon, six jours après le cambriolage, ordonnant à la CIA de bloquer l'enquête du FBI. C'était terminé. Même ses alliés les plus fidèles lui dirent qu'il avait 48 heures avant que le Congrès ne vote sa destitution.

Nixon annonce sa démission à la télévision — Washington, D.C., United States
Image: Department of Defense. Department of the Army. Office of the Deputy Chief of Staff for Operations. U.S. Army Audiovisual · Public domain

Ce qui est extraordinaire, c'est ce qui s'est produit ensuite. Pas immédiatement — dans les années qui ont suivi.

D'abord, le gouvernement américain s'est figé de peur. Le Congrès, terrifié à l'idée qu'un président puisse mentir au pays, vota des lois pour le surveiller. La Freedom of Information Act fut renforcée. Les journalistes reçurent une protection légale pour enquêter sur le pouvoir. Les médias, qui s'étaient longtemps contentés de relayer les paroles officielles, découvrirent qu'ils pouvaient — devaient — poser des questions.

Nixon annonce sa démission à la télévision — Washington, D.C., United States
Image: Karl Schumacher · Public domain

Mais il y a une ironie plus profonde. Nixon s'était battu pour préserver le pouvoir présidentiel. Il croyait que le Président devait rester au-dessus des lois, que la sécurité nationale justifiait l'espionnage, que le secret était le prix de la gouvernance. Il perdit tout en défendant cette idée. Et pourtant, regardez la présidence aujourd'hui : les pouvoirs d'urgence s'étendent, la surveillance s'approfondit, les secrets s'accumulent. Les leçons du Watergate se sont érodées comme une falaise face à l'océan.

Nixon pensait que la présidence était plus grande que lui. Il découvrit qu'elle était exactement aussi grande que lui — c'est-à-dire qu'elle n'était rien sans la confiance des gens. Et puis il la perdit, et le système continua, et 50 ans plus tard, nous nous demandons encore si quelqu'un d'autre apprendrait la même leçon.

Source: en.wikipedia.org/wiki/Resignation of Richard Nixon

Guerre et conflit

USS Indianapolis torpillé en mer des Philippines

Philippine Sea

USS Indianapolis torpillé en mer des Philippines — Philippine Sea
Image: Unknown authorUnknown author · Public domain

Le 30 juillet 1945, à midi, l'USS Indianapolis navigue tranquillement dans la mer des Philippines. C'est un croiseur lourd, 184 mètres de long, qui vient de livrer les pièces de la bombe atomique destinée à Hiroshima. L'équipage ignore ce qu'il transporte — on ne leur dit rien. Le ciel est dégagé. L'eau, calme. Rien ne suggère que dans moins de douze heures, plus de 800 hommes seront morts.

Le commandant, le capitaine Charles McVay, a reçu un ordre bizarre : naviguer seul, sans escorte, sans zigzaguer. Aucun destroyer pour le protéger. Aucun convoi. Il traverse une zone où les sous-marins japonais traînent encore, mais les états-majors pensent que le danger a diminué. La guerre finit. Les Japonais sont battus. On baisse la garde.

À 23 h 36, le sous-marin I-58 voit la silhouette de l'Indianapolis. Son commandant, le lieutenant Hashimoto Moshisuburo, lance ses torpilles. Deux explosions. La première déchire le navire sous la ligne de flottaison. La seconde achève le travail. L'Indianapolis coule en douze minutes — un record de rapidité pour un croiseur de cette taille.

Mais ce n'est que le début du désastre.

USS Indianapolis torpillé en mer des Philippines — Philippine Sea
Image: U.S. Navy photo 80-G-425615 · Public domain

L'armée n'a pas reçu le message de détresse. Personne ne sait que le navire a coulé. Pas de secours en route. Pas d'avion de patrouille. Juste 880 hommes dans l'eau noire, répartis sur plusieurs zones, sans radios de secours, sans radeaux de sauvetage suffisants, dans une mer infestée de requins.

Ce qui suit est un cauchemar de quatre jours. Les hommes se regroupent autour des radeaux de fortune. La soif commence — l'eau douce manque cruellement. La faim aussi. Les requins viennent, atirés par le sang et les cadavres. Les nuits sont glaciales. Le jour, le soleil brûle. Les hallucinations apparaissent le deuxième jour. Certains hommes se noient en croyant voir la terre. D'autres deviennent fous et attaquent leurs compagnons.

Le quatrième jour, un avion de patrouille les repère par hasard. Un pilote remarque des épaves flottantes. Les secours arrivent enfin. Sur 880 hommes, 317 survivent. C'est le pire bilan de pertes en vies humaines de toute la marine américaine — pire que Pearl Harbor pour un seul navire.

USS Indianapolis torpillé en mer des Philippines — Philippine Sea
Image: Unknown authorUnknown author · Public domain

Le capitaine McVay est traduit en cour martiale. On l'accuse d'avoir échoué à zigzaguer. On l'accuse d'avoir coulé son navire. Le commandant du sous-marin, Hashimoto, témoigne en sa faveur : même en zigzaguant, dit-il, le navire aurait été touché. McVay est finalement innocenté, mais sa carrière est détruite. Il se suicide en 1968, rongé par la culpabilité.

La vraie responsabilité ? L'armée avait reçu des rapports de sous-marins ennemis dans la région. Elle avait choisi de ne pas envoyer d'escorte. Elle avait choisi de ne pas exiger que le navire signale son arrivée. Personne, à terre, ne fut jamais inquiété pour ces décisions. Seul McVay paya le prix — deux fois.

Source: en.wikipedia.org/wiki/USS Indianapolis (CA-35)

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