Daily History
Guerre et conflit

L'Irak envahit le Koweït, déclenchant la guerre du Golfe

Kuwait

L'Irak envahit le Koweït, déclenchant la guerre du Golfe — Kuwait
Image: Zymogen92 · Public domain

Saddam Hussein avait besoin d'argent. C'est ainsi qu'a commencé, le 2 août 1990 à l'aube, l'une des crises géopolitiques les plus étranges de la fin du XXe siècle — non pas comme un affrontement idéologique, mais comme une transaction qui a mal tourné.

Le dictateur irakien regardait le Koweït depuis des années. Ce petit émirat pétrolier, à peine plus grand que la Corse, flottait sur des réserves d'or noir estimées à 94 milliards de barils. L'Irak, ravagé par huit ans de guerre contre l'Iran et criblé de dettes, en avait besoin. Hussein avait d'abord essayé de négocier: il demanda au Koweït d'annuler les prêts de guerre, de baisser la production pétrolière pour faire monter les prix. Le Koweït refusa. Alors Hussein fit ce que font les dictateurs en détresse: il envoya les chars.

Ce qui fascine, c'est la vitesse. En six heures, l'armée irakienne occupa le Koweït entier. Les troupes koweïtiennes, mal préparées et peu nombreuses, fuirent ou se rendirent. Le 8 août, Hussein annexa simplement le pays — l'effaça de la carte, le rebaptisa "province irakienne numéro 19". C'était tellement audacieux, tellement brutal, et tellement prévisible pour quiconque avait lu les journaux la semaine précédente, que personne ne savait vraiment comment réagir.

L'Irak envahit le Koweït, déclenchant la guerre du Golfe — Kuwait
Image: Unknown authorUnknown author · Public domain

Mais voilà où les conséquences deviennent vertigineuses. Les États-Unis, sous George H.W. Bush, décidèrent que cette invasion n'était pas acceptable. Pas pour des raisons morales particulièrement éclatantes — les États-Unis avaient soutenu Hussein contre l'Iran quelques années plus tôt — mais parce qu'un dictateur ne pouvait pas simplement contrôler un quart de la production pétrolière mondiale. Le prix du pétrole explosa. L'économie mondiale vacilla.

Ce qui suivit fut une mobilisation militaire sans précédent depuis 1945. En janvier 1991, une coalition de 35 nations — incluant l'Égypte, la Syrie, l'Arabie Saoudite et les États-Unis — lança l'Opération Tempête du Désert. Plus de 500 000 soldats américains furent déployés. Les bombardements durèrent 42 jours. Puis vint une guerre éclair de cent heures au sol.

L'Irak envahit le Koweït, déclenchant la guerre du Golfe — Kuwait
Image: Sakiv · CC BY 4.0

Le bilan: environ 148 000 morts, dont 100 000 civils irakiens. Des centaines de milliers de réfugiés. Une infrastructure irakienne détruite. Hussein resta au pouvoir — c'était le secret que personne ne voulait avouer — et utilisa l'armée restante pour écraser les rébellions chiites et kurdes. Les sanctions contre l'Irak dureraient une décennie, tuant selon certaines estimations 500 000 enfants par malnutrition et manque de médicaments.

Mais le vrai coût se mesure autrement. Cette guerre établit un précédent: les États-Unis pouvaient intervenir militairement n'importe où au Moyen-Orient, avec ou sans mandat clair. Elle laissa Hussein intact mais humilié, nourissant une rancœur qui allait durer onze ans. Elle déstabilisa la région pour des décennies. Et elle prouva qu'une invasion pouvait échouer politiquement tout en réussissant militairement — la pire des combinaisons, en réalité.

Hussein perdit le Koweït mais garda le pouvoir. L'Occident gagna une bataille mais sema les graines de trois guerres futures. Tout cela parce qu'un homme désespéré avait besoin d'argent un matin d'août.

Source: en.wikipedia.org/wiki/Invasion of Kuwait

Guerre et conflit

Victoire de Nelson à la bataille du Nil

Aboukir Bay, Egypt

Victoire de Nelson à la bataille du Nil — Aboukir Bay, Egypt
Image: George Arnald · Public domain

Nelson entra dans la baie d'Aboukir le 1er août 1798 avec treize vaisseaux de ligne. Il en repartit le lendemain avec treize vaisseaux de ligne et une flotte française entièrement détruite. Ce qui s'était passé entre ces deux moments était si rapide, si complet, que les officiers français eux-mêmes n'arrivaient pas à le croire en le vivant.

Le jour d'avant, la situation semblait figée pour l'éternité. Napoléon avait conquis l'Égypte trois mois plus tôt, et sa flotte, commandée par l'amiral Brueys, était ancrée dans cette baie supposément sûre. Treize vaisseaux français, massifs, bien armés, attendaient tranquillement. Les officiers jouaient aux cartes. Certains avaient même quitté leurs navires pour se reposer à terre. La conviction était absolue : aucune flotte ennemie ne pouvait entrer dans cette baie. Les Britanniques n'oseraient jamais attaquer de nuit. C'était contre les règles de la guerre navale au dix-huitième siècle. La nuit, on s'arrêtait. On attendait le jour. C'était civilisé.

Nelson, qui avait un seul œil et une manche vide, décida que les règles étaient ennuyeuses.

Victoire de Nelson à la bataille du Nil — Aboukir Bay, Egypt
Image: Lemuel Francis Abbott · Public domain

Il ordonna l'attaque à la tombée du jour. Ses capitaines comprirent immédiatement : ils allaient faire quelque chose que personne n'avait jamais fait en formation régulière. Ils allaient attaquer une ligne de bataille ennemie ancrée de nuit, sans visibilité claire, avec le risque permanent de se tirer dessus par erreur. C'était fou. C'était magnifique.

La baie d'Aboukir devint un enfer de feu et de bois éclaboussé. Les canons britanniques tonnaient. Les Français, surpris, désorganisés, ripostaient mal. Les vaisseaux français n'avaient pas les chaînes de munitions prêtes. Certains canons restaient silencieux. Les équipages, revenus en hâte de la terre, paniquaient. Brueys lui-même fut décapité par un boulet de canon vers minuit.

Victoire de Nelson à la bataille du Nil — Aboukir Bay, Egypt
Image: Unknown artistUnknown artist · Public domain

Au matin, la Méditerranée était britannique. Douze des treize vaisseaux français étaient coulés ou capturés. L'amiral Villeneuve, qui commandait le navire de tête, s'enfuit avec deux vaisseaux intacts. Sur environ 3 000 Français, 900 périrent dans la baie. Les Britanniques en perdirent 218. Le ratio de mort était mauvais pour les perdants, mais c'était pire que ça : c'était complet. C'était une annihilation.

Ce qui était permanent avait disparu en une nuit. L'armée de Napoléon en Égypte était maintenant piégée. Il ne pouvait pas revenir en France. Il ne pouvait pas envoyer de renforts. Pendant deux ans, il resterait coincé là, à conquérir des déserts qu'il ne pouvait pas garder. Finalement, il abandonnerait l'Égypte et rentrerait seul en France, laissant son armée derrière lui.

C'est étrange : une seule nuit de combat incompréhensible, une seule décision de violer les traditions de la guerre, et soudain tout le plan s'écroule. Les Français pensaient que Napoléon était invincible. Après le Nil, ils savaient simplement qu'il était loin de chez lui, et que la mer était contre lui.

Source: en.wikipedia.org/wiki/Battle of the Nile

Utilisez les flèches pour naviguer entre les jours

Parcourir toutes les archives →