Daily History
Guerre et conflit

La Bombe Atomique Détruit Hiroshima

Hiroshima, Japan

La Bombe Atomique Détruit Hiroshima — Hiroshima, Japan
Image: George R. Caron / Charles Levy · Public domain

Un bombardier américain nommé Enola Gay survole Hiroshima le 6 août 1945 à 8 h 15 du matin, et en quarante-trois secondes, une ville de 350 000 habitants cesse d'exister. Pas de bruit d'explosion massive, d'ailleurs — les témoins les plus proches ne rapportent qu'un flash blanc aveuglant, puis rien. C'est le silence qui tue, avant la chaleur qui arrive après, avant les radiations qui continuent après ça.

Mais voici ce que presque personne ne sait : les physiciens qui ont construit cette bombe, à Los Alamos au Nouveau-Mexique, ne savaient pas vraiment si elle fonctionnerait. Ils n'avaient jamais testé le modèle qu'on allait lâcher sur Hiroshima — le Little Boy, comme on l'appelait, avec une candideur stupéfiante. Le seul test nucléaire de l'histoire humaine avant son utilisation en guerre s'était déroulé trois semaines plus tôt, dans le désert du Nouveau-Mexique. Une seule bombe testée. Une seule.

Le physicien Robert Oppenheimer, le cerveau du projet, aurait récité un vers du Bhagavad-Gita après cette explosion test : « Maintenant je suis la Mort, le destructeur de mondes. » C'est exactement le genre de chose qu'on dit quand on vient de réaliser qu'on a créé quelque chose d'irréversible.

La Bombe Atomique Détruit Hiroshima — Hiroshima, Japan
Image: ENERGY.GOV · Public domain

La bombe d'Hiroshima n'était pas un engin de précision. Elle était crude, brute, sans finesse. Elle n'avait qu'un seul but : détruire une zone. Et elle l'a fait avec une efficacité qui a horrifié même ceux qui l'avaient conçue. Entre 70 000 et 80 000 personnes sont mortes instantanément. En fin d'année 1945, le nombre avait grimpé à 140 000 — les brûlures, les radiations, les infections, la famine qui a suivi.

Ce qu'on comprend rarement, c'est que cette bombe était une arme de capitulation, pas une arme de stratégie militaire. Le Japon était déjà vaincu. Les bombardements conventionnels avaient déjà détruit les villes. La marine américaine dominait complètement le Pacifique. Mais Truman — le nouveau président, en fonction depuis seulement quatre mois — voulait montrer à Staline que les États-Unis possédaient une arme que l'Union soviétique n'avait pas. C'était de la diplomatie nucléaire avant même qu'on sache ce que c'était.

La Bombe Atomique Détruit Hiroshima — Hiroshima, Japan
Image: Army Map Service · Public domain

Deux jours après Hiroshima, une deuxième bombe a été lâchée sur Nagasaki. Le Japon s'est rendu. La Seconde Guerre mondiale était finie.

Mais voici l'ironie qui reste coincée dans la gorge : la bombe a probablement sauvé des vies. Les plans d'invasion conventionnelle du Japon auraient tué des centaines de milliers de civils et de soldats. Les estimations parlent de 500 000 à un million de morts. Donc techniquement, l'arme qui a anéanti deux villes entières était le choix le moins meurtrier disponible. L'humanité a choisi le mal parce que c'était le moins pire des maux. C'est le calcul qui hante encore aujourd'hui, soixante-dix-neuf ans plus tard.

Source: en.wikipedia.org/wiki/Atomic bombings of Hiroshima and Nagasaki

Exploration

Le Rover Curiosity Atterrit sur Mars

Gale Crater, Mars

Le Rover Curiosity Atterrit sur Mars — Gale Crater, Mars
Image: NASA · Public domain

À sept minutes et dix-neuf secondes du matin, heure de Pasadena, un rover de la taille d'une voiture s'est posé sur Mars sans que personne à la NASA ne sache si cela avait fonctionné.

C'est le détail qu'on oublie : Curiosity ne pouvait pas être guidé en temps réel. La lumière met quatorze minutes pour voyager de Mars à la Terre. Quand le rover a commencé à descendre dans l'atmosphère martienne, les contrôleurs de mission regardaient des écrans montrant des événements qui avaient déjà eu lieu. Ils n'étaient que des spectateurs impuissants, attendant la confirmation d'un succès ou d'un désastre qu'ils ne pouvaient plus influencer.

La veille, le 5 août 2012, Mars restait ce qu'elle avait toujours été aux yeux de l'humanité : un point rougeâtre dans le ciel nocturne, étudié par des télescopes, survolé par des orbiteurs, mais jamais vraiment visité. Deux rovers y avaient atterri auparavant — Spirit et Opportunity — mais leurs missions étaient censées durer quelques mois. Curiosity, lui, pesait une tonne. Il était équipé d'un laser capable de vaporiser les roches à sept mètres de distance, d'un bras robotisé, d'une foreuse, et d'une batterie nucléaire capable de le maintenir en vie pendant au moins deux ans.

Le Rover Curiosity Atterrit sur Mars — Gale Crater, Mars
Image: NASA · Public domain

L'approche de Curiosity était si radicale qu'elle avait terrifié les ingénieurs. Plutôt que de poser simplement le rover, la NASA avait conçu une « grue volante » — une plateforme rétroractive suspendue par des câbles qui descendrait le rover à la surface. Personne n'avait jamais tenté une chose pareille. Les équipes appelaient ça le « sept minutes de terreur » : le temps entre l'entrée dans l'atmosphère et l'atterrissage, pendant lequel tout pouvait mal tourner et personne ne pouvait rien y faire.

Quand le signal a enfin atteint la Terre — le premier murmure numérique du succès — la salle de contrôle a explosé. Des scientifiques qui avaient consacré une décennie de leur vie à ce moment se sont levés, ont pleuré, ont serré des mains d'étrangers. L'un d'eux portait un chapeau de Mohawk en cheveux bleus et rouges. Les caméras l'ont filmé. Il est devenu célèbre sur Internet, symbole involontaire de la façon dont l'exploration spatiale était maintenant une affaire de culture populaire autant que de science.

Le Rover Curiosity Atterrit sur Mars — Gale Crater, Mars
Image: Idaho National Laboratory · CC BY 2.0

Curiosité a commence à envoyer des photos de Gale Crater — des montagnes de poussière rougeâtre, des roches lisses, un horizon désert sous un ciel bleu pâle. Pendant des années, le rover a roulé, foré, analysé, cherchant les traces chimiques d'une habitabilité passée. Il a découvert des molécules organiques, détecté du méthane, mesuré les radiations. Les données se sont accumulées, patientes, méthodiques, loin des projecteurs.

Mais voici l'ironie silencieuse : alors que Curiosity envoyait ses découvertes, le monde regardait ailleurs. L'intérêt du public a chuté après les premières semaines. Les nouvelles de Mars n'ont jamais retrouvé cette fenêtre de cinq minutes d'attention collective. Le rover a continué son travail, seul sur une planète morte, transmettant ses résultats à une humanité qui avait déjà oublié qu'il était là.

Source: en.wikipedia.org/wiki/Curiosity (rover)

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