La Bombe Atomique Détruit Hiroshima
Hiroshima, Japan
Un bombardier américain nommé Enola Gay survole Hiroshima le 6 août 1945 à 8 h 15 du matin, et en quarante-trois secondes, une ville de 350 000 habitants cesse d'exister. Pas de bruit d'explosion massive, d'ailleurs — les témoins les plus proches ne rapportent qu'un flash blanc aveuglant, puis rien. C'est le silence qui tue, avant la chaleur qui arrive après, avant les radiations qui continuent après ça.
Mais voici ce que presque personne ne sait : les physiciens qui ont construit cette bombe, à Los Alamos au Nouveau-Mexique, ne savaient pas vraiment si elle fonctionnerait. Ils n'avaient jamais testé le modèle qu'on allait lâcher sur Hiroshima — le Little Boy, comme on l'appelait, avec une candideur stupéfiante. Le seul test nucléaire de l'histoire humaine avant son utilisation en guerre s'était déroulé trois semaines plus tôt, dans le désert du Nouveau-Mexique. Une seule bombe testée. Une seule.
Le physicien Robert Oppenheimer, le cerveau du projet, aurait récité un vers du Bhagavad-Gita après cette explosion test : « Maintenant je suis la Mort, le destructeur de mondes. » C'est exactement le genre de chose qu'on dit quand on vient de réaliser qu'on a créé quelque chose d'irréversible.
La bombe d'Hiroshima n'était pas un engin de précision. Elle était crude, brute, sans finesse. Elle n'avait qu'un seul but : détruire une zone. Et elle l'a fait avec une efficacité qui a horrifié même ceux qui l'avaient conçue. Entre 70 000 et 80 000 personnes sont mortes instantanément. En fin d'année 1945, le nombre avait grimpé à 140 000 — les brûlures, les radiations, les infections, la famine qui a suivi.
Ce qu'on comprend rarement, c'est que cette bombe était une arme de capitulation, pas une arme de stratégie militaire. Le Japon était déjà vaincu. Les bombardements conventionnels avaient déjà détruit les villes. La marine américaine dominait complètement le Pacifique. Mais Truman — le nouveau président, en fonction depuis seulement quatre mois — voulait montrer à Staline que les États-Unis possédaient une arme que l'Union soviétique n'avait pas. C'était de la diplomatie nucléaire avant même qu'on sache ce que c'était.
Deux jours après Hiroshima, une deuxième bombe a été lâchée sur Nagasaki. Le Japon s'est rendu. La Seconde Guerre mondiale était finie.
Mais voici l'ironie qui reste coincée dans la gorge : la bombe a probablement sauvé des vies. Les plans d'invasion conventionnelle du Japon auraient tué des centaines de milliers de civils et de soldats. Les estimations parlent de 500 000 à un million de morts. Donc techniquement, l'arme qui a anéanti deux villes entières était le choix le moins meurtrier disponible. L'humanité a choisi le mal parce que c'était le moins pire des maux. C'est le calcul qui hante encore aujourd'hui, soixante-dix-neuf ans plus tard.
Source: en.wikipedia.org/wiki/Atomic bombings of Hiroshima and Nagasaki