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Politique et État

Odoacre Proclamé Roi d'Italie, Fin de l'Empire Romain d'Occident

Italy

Odoacre Proclamé Roi d'Italie, Fin de l'Empire Romain d'Occident — Italy
Image: British Museum (photo) · CC BY-SA 4.0

Un jeune garçon aux traits délicats, Romulus Augustule, porte la pourpre impériale. Il a quatorze ans. Il n'a rien demandé. Son règne n'est qu'un murmure dans le vent, une dernière pirouette du destin pour un empire à l'agonie. Durant dix mois, de l'automne 475 à l'été 476, ce n'est pas lui qui gouverne, mais son père, Oreste, un ancien secrétaire d'Attila, qui a eu l'audace de placer son fils sur le trône de l'Empire romain d'Occident. Oreste, lui, n'avait pas la pourpre, car les barbares ne pouvaient la porter. Un détail, n'est-ce pas ? Une nuance byzantine pour une réalité bien plus prosaïque.

La réalité, en cet été 476, est celle d'une Italie peuplée de mercenaires germaniques, des Hérules, des Skires, des Ruges, qui ont combattu pour Rome pendant des générations, pour son blé, ses terres, sa solde. Et ils en ont assez. Assez des promesses non tenues, assez de voir leurs camarades morts sans compensation. Ils réclament un tiers des terres d'Italie. Une revendication audacieuse, mais pas nouvelle : c'est ce qu'on appelle l'hospitalitas, la tradition de loger les troupes sur les terres des propriétaires. Oreste, qui a pourtant lui-même profité de ces arrangements, refuse. Il est Romain, après tout, même s'il a jadis servi Attila. Le sang des barbares, il le veut sur le champ de bataille, pas dans ses vignes.

C'est la goutte d'eau qui fait déborder la Germanie. Un chef émerge de cette masse de guerriers frustrés : Odoacre. Un nom qui sent la forêt, la force brute, la détermination. On ne sait pas grand-chose de ses origines, sinon qu'il est un Skire, ou peut-être un Ruges, et qu'il a le charisme nécessaire pour unir ces tribus disparates. Il promet ce que Oreste refuse : des terres. La révolte éclate. Oreste est assiégé à Pavie, capturé, et exécuté le 28 août 476. Quelques jours plus tard, son jeune fils, Romulus Augustule, est destitué à Ravenne.

Odoacre Proclamé Roi d'Italie, Fin de l'Empire Romain d'Occident — Italy
Image: 589holl · CC BY-SA 3.0

Ce 4 septembre 476, l'empereur d'Occident est renvoyé avec une pension et une petite propriété en Campanie, le Castellum Lucullanum, où il finira ses jours dans une relative obscurité. Une fin de règne tellement discrète, presque polie, qu'elle en est ironique. Odoacre, lui, refuse d'endosser le titre d'empereur. Trop de problèmes, sans doute. À quoi bon un titre quand on a le pouvoir ? Ses troupes le proclament *rex Italiae* – roi d'Italie. Non pas un empereur romain, mais un roi germanique régnant sur la péninsule italienne. La distinction est subtile, mais fondamentale. Il renvoie les insignes impériaux à Constantinople, à l'empereur Zénon, signalant que l'Occident n'a plus besoin d'empereur. Ou du moins, pas d'empereur *romain*.

La normalité d'hier – une Italie régie par la tradition impériale, même fantomatique – s'est évanouie en quelques jours. Plus de lignée impériale en Occident, plus de César, plus de titres ronflants. Simplement un chef barbare, un roi, qui règne par la force et l'accord de ses hommes. L'idée d'un Empire Romain d'Occident, dont la fondation remontait à Auguste, cinq siècles plus tôt, s'est éteinte non pas dans un fracas apocalyptique, mais dans un dérisoire échange de courriers et une retraite dorée pour un jeune homme dont le plus grand accomplissement fut de porter le même nom que le fondateur de Rome et son premier empereur. Le monde ne s'est pas effondré ; il a simplement changé de propriétaire, avec une élégance toute relative.

Odoacre Proclamé Roi d'Italie, Fin de l'Empire Romain d'Occident — Italy
Image: Bernhard Mörlins (B. Moerlins) · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/Odoacer

Guerre et conflit

Massacre de la Saint-Barthélemy

Paris, France

Massacre de la Saint-Barthélemy — Paris, France
Image: François Dubois 1529-1584 · Public domain

Ce n'était pas la haine religieuse, du moins pas directement, qui a allumé la mèche du plus sanglant massacre de l'histoire de France. Non, l'étincelle qui a transformé un mariage royal en boucherie de masse fut une balle de mousquet qui, étrangement, a raté sa cible. Imaginez la scène : le 22 août 1572, quatre jours après l'union censée sceller la paix entre catholiques et protestants, l'amiral Gaspard de Coligny, figure de proue des huguenots, rentre chez lui après avoir quitté le Louvre. Soudain, une détonation. Une balle lui arrache un doigt et l'atteint au bras. L'assassin, posté dans une maison appartenant aux Guise, les rivaux catholiques acharnés, s'enfuit. Ce n'était pas l'événement lui-même qui était inédit – les tentatives d'assassinat étaient monnaie courante –, mais la réaction qu'il allait provoquer, une réaction que personne, pas même les conspirateurs, n'avait anticipée dans toute son horreur.

Ce que la plupart des gens oublient, c'est que la nuit de la Saint-Barthélemy n'était pas un plan préétabli pour exterminer les protestants de Paris. C'était un acte de panique, une tentative désespérée de la régente Catherine de Médicis et de son fils, le jeune roi Charles IX, pour désamorcer une crise qu'ils avaient eux-mêmes contribué à créer. Après l'attentat contre Coligny, les huguenots, furieux et nombreux à Paris pour le mariage, exigèrent justice. Leurs menaces de représailles, combinées à l'influence grandissante de Coligny sur le roi, ont terrifié la cour. Catherine, craignant un coup d'État protestant ou une guerre civile immédiate, a convoqué un conseil secret. L'idée qui a germé n'était pas un massacre général, mais l'élimination préventive d'une cinquantaine de chefs huguenots, considérés comme les plus dangereux.

Mais comment s'assurer que cette purge chirurgicale ne dégénère pas ? C'est là qu'intervient le mécanisme infernal. Pour distinguer les cibles des innocents, une méthode simple fut adoptée : les catholiques devaient porter un brassard blanc et accrocher une croix blanche à leur chapeau. Le signal du début des opérations ? Le tocsin de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, qui sonne encore aujourd'hui. L'horloge qui sonnait les matines, vers 3 heures du matin, allait devenir le signal de mort. Mais les choses, comme souvent, ont échappé à tout contrôle. La haine populaire, déjà latente dans une Paris farouchement catholique qui voyait d'un mauvais œil l'afflux de protestants à l'occasion du mariage, a été libérée. Le peuple de Paris, armé et incité par des prêcheurs fanatiques, a transformé une exécution ciblée en un bain de sang indiscriminé.

Massacre de la Saint-Barthélemy — Paris, France
Image: Timers · CC BY-SA 4.0

Le plan initial a volé en éclats. Au lieu d'une cinquantaine de morts, les estimations varient de 2 000 à 3 000 victimes en quelques jours à Paris seulement, et jusqu'à 10 000 dans tout le royaume dans les semaines qui suivirent. Un témoin oculaire, un moine nommé Jean de La Fosse, a noté dans son journal : « On traînait les corps par les rues… les enfants même les traînaient… » Le roi Charles IX, qui avait cédé sous la pression en donnant l'ordre de tuer les chefs, se retrouva dépassé par l'ampleur de la furie. La France, qui aspirait à la paix par un mariage, s'est retrouvée plongée plus profondément que jamais dans les guerres de religion, une ironie macabre pour une union censée réunir les deux camps. La balle de mousquet qui a raté son coup a, en fin de compte, touché le cœur de la nation." , la laissant pantelante pour des décennies.

Massacre de la Saint-Barthélemy — Paris, France
Image: Flemish school (UnknownUnknown ) · Public domain

Source: en.wikipedia.org/wiki/French Wars of Religion

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